Madagascar: ajournement du vote sur l’examen du code de la Communication

Les dirigeants du journal «Madagascar Matin» lors de leur libération après un séjour en prison, en juillet 2014.
© AFP PHOTO/RIJASOLO

A Madagascar, l’Assemblée nationale a décidé, vendredi 1er juillet, à huis clos, d’ajourner le vote du code de la Communication. Un projet de loi controversé car jugé « liberticide » par les journalistes malgaches, mobilisés depuis plusieurs jours pour s'y opposer. Comme la session parlementaire a pris fin, le texte sera étudié ultérieurement. Entretemps, les journalistes espèrent un certain nombre d'amendements des articles controversés.

Victoire pour les journalistes malgaches. A 46 voix pour et 18 contre, les députés ont en effet décidé de reporter l’examen du code de la Communication.

« Cela signifie qu’il y a encore un espoir pour qu’on rediscute, à nouveau, les points sensibles à l’intérieur du projet de loi. Il y en a pas mal et je pense que ça devrait apaiser la tension », indiqu à RFI Alain Iloniaina, journaliste indépendant.

Les points en question : l’article qui prévoit des peines de prison et de lourdes amendes en cas de diffamation, de celui qui régit l’indépendance des médias publics par rapport au pouvoir, ou encore de celui qui prévoit un encadrement de la profession par des personnes nommées par le pouvoir.

« Et puis, on pourrait aussi essayer de trouver un moyen pour encadrer d’une manière correcte le métier de la presse », poursuit le journaliste.

Cette loi est trop importante pour être votée si vite. Les députés ont donc souhaité davantage de temps pour examiner le texte.

« Il a trait justement à la liberté d’expression prévue par l’article 10 et 11 de la Constitution. On ne saurait survoler un point aussi important et ceci n’exclut pas les amendements dès lors qu’on constate qu’il y a des dispositions qui sont contraires à la Constitution », a expliqué Christine Razanamasoa, députée de l’opposition Christine Razanamasoa.

Si les deux principaux partis d’opposition entrouvrent effectivement la porte à de possibles modifications du texte, la mobilisation des journalistes reste entière.


Dernière minute : le Parlement convoqué en session extraordinaire à partir du mardi 5 juillet

Ce samedi matin, en Conseil des ministres, le gouvernement malgache a convoqué le Parlement en session extraordinaire à partir du mardi 5 juillet. Plusieurs projets de loi sont à l’ordre du jour, dont les très critiqués Code de la communication et loi sur la cour spéciale. Vendredi, c’était le dernier jour de la session ordinaire : la société civile et la communauté internationale s’étaient félicitées de voir ces deux projets de loi reportés. La société civile espérait avoir du temps pour pouvoir réécrire certains articles et arriver à un consensus, d’ici à la prochaine session ordinaire, fin octobre. La nouvelle de cette session extraordinaire est donc un choc. Contactée par téléphone, une source proche du dossier s’est dit atterrée : « Cela va donner une impression désastreuse du régime actuel ».

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