Affaire des origines du président gabonais Ali Bongo: une juge nommée en France

Le président gabonais Ali Bongo Odimba, lors de l'ouverture du New-York Forum Africa, à Libreville, le 28 août 2015.
© http://www.ny-forum-africa.com

L'affaire des origines d'Ali Bongo et le conflit qui l'oppose à sa demi-sœur Onaida Maisha font l’objet d’un nouveau rebondissement. En fin de semaine dernière, le tribunal de grande instance de Nantes, en France, a désigné une juge d'instruction pour instruire la plainte, déposée en mars, d'Onaida Maisha. La demi-sœur du président gabonais affirme que l'acte de naissance du chef de l'Etat, conservé à Nantes, serait un faux. Selon ses détracteurs, Ali Bongo serait né au Biafra. Ces origines, selon la loi gabonaise, pourraient l'empêcher de se présenter à la présidentielle du mois d’août prochain.

Hasard du calendrier, la juge d'instruction vient d'être nommée, à moins de deux mois de la présidentielle gabonaise. Le dépôt des candidatures s'achèvera d'ailleurs le 12 juillet. Autant dire que l'affaire est sensible.

Pendant ce temps, la juge Marie-Thérèse Monchy-Dubuis va se pencher sur le document de la discorde, à savoir la copie d'acte de naissance d'Ali Bongo qui fait naître le président gabonais, à Brazzaville, le 9 février 1959. Après plusieurs péripéties judiciaires, sa demi-sœur, Onaïda Maisha, a pu examiner cet acte qui, selon son avocat, pourrait s'agir d'un faux.

Maître Eric Moutet espère que l'instruction pourra notamment expliquer comment et quand cet acte est arrivé à Nantes. D'après lui, il n'y a pas de raison que « l'instruction traîne », rappelant avec humour que le tribunal de Nantes « n'est qu'à quelques centaines de mètres du service central d'état civil du ministère des Affaires étrangères », là où est conservé le fameux document.

Maître Eric Moutet dit espérer une enquête rapide et indépendante, même s'il n'exclut pas des pressions sur le magistrat instructeur, vu que la date de la présidentielle se trouve si proche.

De son côté, Maître Claude Dumont-Beghi parle de « chimères » et se dit sereine. L'avocate d'Ali Bongo considère cette affaire comme « une fiction développée à l'infini afin de nuire politiquement » au chef de l'Etat. « On utilise tous les arguments, toutes les arguties présupposées de droit pour essayer de nuire au président de la République, donc ça n'a aucun effet », estime-t-elle.

Selon elle, il est bien le fils biologique d'Omar Bongo. Son acte d'état civil a été transféré en France, en 1960, puis à Nantes, cinq ans plus tard, et il n'a jamais été contesté dans le passé.

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