Procès du génocide rwandais à Paris: la fin d’une procédure historique

Le palais de justice de Paris.
© Wikimedia Commons / Nitot

En France, on attend le verdict dans le procès pour génocide de deux anciens bourgmestres rwandais du village de Kabarondo, dans l'est du pays. Octavien Ngenzi et Tito Barahira sont poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité. On les accuse d'avoir participé aux massacres en 1994. Pour le dernier jour d’audience, les deux hommes ont une nouvelle fois clamé leur innocence, dans un procès que l'on peut déjà qualifier d'historique.

C’est un procès historique à plusieurs titres. D'abord, parce qu'il se tient en France, sur la base de la compétence universelle des tribunaux français en matière de génocides et de crimes contre l'humanité. Ce n'est que la seconde fois qu'un procès se tient à Paris en lien avec le génocide du Rwanda. En mars 2014, Pascal Simbikangwa, ancien capitaine de la garde présidentielle, avait été condamné à 25 ans de réclusion criminelle.

Mais le procès qui va s'achever ce mercredi est aussi historique par son ampleur : huit semaines d'audience, plus de 100 dépositions faites devant la cour, dont 80 personnes citées comme témoins des faits. Ce n'est pas unique dans l'histoire de la justice en France, mais c'est un procès qui restera dans les annales. Il a d'ailleurs été entièrement filmé pour la postérité.

Ce mercredi matin, les deux accusés ont pu s'exprimer une dernière fois avant que la cour se retire pour délibérer. Tito Barahira a eu la parole en premier. L'ancien bourgmestre, accusé d'avoir été un « opérationnel » des massacres a une fois de plus rejeté les accusations formulées contre lui. « Ce qui est arrivé est innommable, cela m'a fort attristé. Je n'ai jamais mené des attaques, jamais organisé de réunion pour appeler à tuer les Tutsis », a déclaré Tito Barahira sans jamais prononcer le mot « génocide ». Un mot qu'Octavien Ngenzi a lui utilisé.

Le verdict est désormais attendu donc en fin de journée à la cour d'assises de Paris.

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