Jour J à Madagascar, pour l'adoption du controversé Code de la communication

Antananarivo, capitale de Madagascar.
© Wikimedia Commons/Bernard Gagnon

« Sit-in », réunions, déclarations, manifestations : à Madagascar, les journalistes ont usé de tous les moyens disponibles pour convaincre les députés de reporter le tant décrié Code de la communication. En vain, le texte doit être adopté ce jeudi 7 juillet 2016.

Depuis vendredi dernier, des programmes d'information spéciaux tournaient en boucle sur les ondes de 45 médias de toute l'île de Madagascar, pour sensibiliser la population aux effets néfastes du nouveau Code de la communication. Les Unes des principaux journaux d'opposition étaient en noir et blanc, en signe de deuil et d'alerte. En vain : le vote du texte est prévu ce jeudi à 15 h.

Aussi, les journalistes ont-ils décidé de jouer leur va-tout. Ils viennent de faire appel au représentant du Système des Nations unies à Madagascar, qui devait s'entretenir ce jeudi matin avec le président de la République et le Premier ministre pour leur demander l'ajournement du vote. Dans les locaux de l'ONU, mercredi, une délégation de journalistes et de la société civile a déjà demandé à des représentants du gouvernement le report du vote.

Toujours mercredi, dès 9 h, plus de 70 membres des forces de l'ordre ont bloqué l'entrée à la centaine de journalistes venue assister au vote de l'ordre du jour à l'Assemblée nationale. Des faits inadmissibles pour Fetra Rakotondrasoa, journaliste et porte-parole du mouvement pour la liberté d'expression : « On nous empêche de faire notre travail et en même temps, on nous empêche aussi de faire le " sit-in " pour faire la pression aux députés », déplore-t-elle.

Pour Lalatiana Rakotondrazafy, l'une des leaders du mouvement des journalistes, le texte initial a subi trop de modifications : « Même le ministère de la Communication, via son directeur de cabinet, a admis que ce n’était pas un texte élaboré de manière consensuelle entre tout le monde, contrairement à ce que disait le président et contrairement à ce qu’affirmait encore, pas plus tard qu’hier, le ministre de la Communication. C’est vraiment l’exécutif au plus haut sommet qui insiste sur l’adoption urgente de ce code. »

Verdict de ce vote controversé en soirée à Antananarivo. Mercredi soir, les journalistes ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne manifesteraient pas devant l'Assemblée nationale ce jeudi, pour « laisser les députés voter en leur âme et conscience le Code de la communication ».

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