Soudan du Sud: violents affrontements entre l’armée et les ex-rebelles

Le président sud-soudanais Salva Kiir et son vice-président Riek Machar, au palais présidentiel de Juba, le 26 avril 2016.
© REUTERS/Stringer

Le Soudan du Sud célèbre ce samedi 9 juillet ses cinq ans d’indépendance mais c’est un bien triste anniversaire. Le plus jeune Etat africain est déchiré par une guerre civile depuis plus de deux ans et demi. Des tirs d’arme automatique étaient entendus, vendredi, en fin d'après-midi, non loin du palais présidentiel, à Juba, au moment où le président Salva Kiir et son vice-président, Riek Machar, étaient réunis pour une conférence de presse. Dans ces affrontements entre l’armée sud-soudanaise et les ex-rebelles, il y a eu « plus de 150 morts », a annoncé un porte-parole de Riek Machar.

Après ces deux jours de troubles, l’atmosphère était tendue à Juba, la capitale. Il n'y a pas eu de festivités. Pas de défilé ni de célébrations publiques d’aucune sorte non plus. C'est un anniversaire sans faste. A Juba, on se remet à peine des violences de ces derniers jours. Certains carrefours sont toujours bloqués, plusieurs commerces sont fermés et, selon l'ambassade américaine à Juba, un grand nombre de militaires patrouillent dans la ville afin de restaurer le calme.

Les premières informations recueillies par RFI font part de victimes qui seraient, pour l’essentiel, des soldats. Le bilan est lourd. « Il y a plus de 150 morts », a déclaré Roman Nyarji, un des porte-parole de Riek Machar, ancien chef des rebelles redevenu vice-président suite à l’accord de paix qui a mis fin à deux ans e demi de guerre civile.

« Une escalade de violences »

« Toute la journée, on a anticipé une possible reprise des coups de feu. Tous les ingrédients sont là : il y a deux camps armés qui s'opposent dans la même ville, une guerre civile de deux ans et demie qui ne s'est jamais vraiment terminée, et ces dernières semaines, il y a eu une escalade des violences à différents endroits du pays », explique Richard Nield, journaliste indépendant.

Le spécialiste du Soudan du Sud, actuellement à Juba, poursuit : « Si on ajoute à tout cela les incidents de ces deux derniers jours : jeudi le meurtre de cinq soldats des forces gouvernementales par des troupes de fidèles à Riek Machar, puis vendredi la mort de 100 à 150 soldats d'après les premières estimations, alors il y a toutes les chances que ces incidents mènent à un nouveau cycle de violences au Soudan du Sud. C'est un pays avec un passé d'attaques par vengeance et donc l'inquiétude c'est que cela se reproduise encore. »

Un équilibre difficile à trouver

Ce pic de tensions cette semaine à Juba est le plus élevé depuis le retour d'exil de Salva Kiir, en avril dernier. Cinq ans après l'accession à son indépendance, le pays se trouve toujours dans une situation politique encore instable. Après avoir traversé près de deux ans de guerre civile, il a bien du mal à trouver un équilibre et ce, malgré la signature d'un accord de paix en août 2015, et malgré le retour dans le gouvernement d'union nationale du vice-président Riek Machar.

Pour les Nations unies, les tensions de ces derniers jours illustrent le manque d'implication de chaque partie dans l'application d'un processus de paix viable. L’instabilité se vérifie aussi sur le plan économique. L'inflation frôle les 300% et la monnaie a perdu près de 90% de sa valeur cette année. Sur le plan humanitaire, le bilan est désastreux car un enfant sur quatre souffre de malnutrition et plus de 2,5 millions de personnes ont fui les régions instables du pays.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.