Soudan du Sud: Juba toujours sous les bombes

Un tank circule sur une des artères principales de Juba, capitale du Soudan du Sud, lundi 16 décembre 2013.
© REUTERS/Hakim George

Réveil brutal ce lundi matin pour les habitants de Juba avec des explosions, des tirs d'armes automatiques dans plusieurs quartiers de la capitale du Soudan du Sud. De violents combats qui ont éclaté de nouveau entre les forces loyales au président Salva Kiir et les ex-rebelles du vice-président Riek Machar, malgré l'appel au calme lancé par le Conseil de sécurité de l'ONU réuni en urgence à New York. Les hostilités ont repris jeudi et gagnent en intensité des milliers de personnes ont fui la ville. Le président sud-soudanais a ordonné lundi soir à ses troupes de cesser le feu et s'est déclaré prêt à coopérer avec son vice-président.

De nouveaux combats violents à Juba ont commencé ce matin et se sont poursuivis dans la journée. Les choses semblent s’être un petit peu calmées, mais on entend régulièrement des tirs et des explosions au loin. Ce lundi, il y avait aussi des hélicoptères de combat qui tournaient dans le ciel la capitale. Il est difficile de confirmer les endroits exacts où ces combats ont eu lieu, mais il y a eu des affrontements dans plusieurs parties de la ville notamment près de l’aéroport et à l’ouest de la capitale à proximité du camp de l’ancien chef rebelle Riek Machar. Dans ces deux quartiers se trouvent aussi des bases des Nations unies et un site de protection des civils.

Aucun bilan n’est disponible pour l’instant, mais on parle de plusieurs centaines de victimes, selon plusieurs sources. Par ailleurs, il y a aussi des milliers de personnes qui se sont réfugiées sur les bases des Nations unies. Leur sécurité est toute relative. Des tirs de mortiers sont tombés sur ces bases des Nations unies. Parmi la population, chacun a toujours en tête les massacres qui ont été commis à Juba en décembre 2013 lorsque le pays avait plongé dans la guerre civile et beaucoup craignent de voir se reproduire un scénario similaire.

Une fin rapide des hostilités s’éloigne

Les deux camps se renvoient la balle, se renvoient la responsabilité de cette violence. Après l'accord de paix signé en août dernier, Riek Machar était rentré Juba en avril. Il a été nommé vice-président dans le gouvernement de transition, mais il est aussi revenu dans la capitale avec plus d’un millier de ses soldats. Donc on a à Juba deux armées, qui se sont combattues pendant plus de deux ans. Il y a toujours énormément de méfiance entre les deux camps donc il ne fallait pas grand-chose pour relancer les hostilités.

Officiellement, Salva Kiir, le président, et Riek Machar ont appelé au calme, mais il est très difficile de savoir si Salva Kiir et Riek Machar sont vraiment aux commandes de leur troupe ou s’il s’agit de factions dissidentes plus radicales qui existent dans un camp comme dans l’autre qui auraient relancé les combats. Ce qui est sûr maintenant, c’est que les hommes de Riek Machar ne vont pas pouvoir sortir de Juba et donc, à moins d’un très peu probable cessez-le-feu, les deux armées vont continuer de s’affronter.

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