Mali: une manifestation dégénère à Gao

Un véhicule de l’armée malienne dans les rues de Gao.
© RFI/David Baché

A Gao, dans le nord du Mali, la mairie avait interdit une manifestation qui a tout de même eu lieu ce mardi matin, le 12 juillet. Une mobilisation de jeunes à l'appel de plusieurs organisations de la société civile, contre l'installation des autorités intérimaires issues des accords d'Alger qui doit commencer ce mois-ci. Ils demandent aussi leur intégration dans l'armée. Un rassemblement qui a dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Le dernier bilan fait état de 3 morts et 30 blessés, selon une source hospitalière.

On n'entendait plus de tirs à Gao mardi soir, selon des témoins. En fin d'après-midi, les manifestants et les forces de l'ordre campaient sur leurs positions, d'après un journaliste local. Et certains jeunes étaient encore dans les rues ce mardi soir selon le président du conseil communal des jeunes, qui dénonce une vingtaine d'arrestations.

Plusieurs centaines de jeunes sont sortis dans les rues ce mardi matin malgré l'interdiction de la mairie qui a évoqué l’état d'urgence. Les forces de l'ordre ont donc été envoyées pour sécuriser les rues. Il y a eu d'abord des jets de pierres auxquels ont répondu des gaz lacrymogènes. Puis, selon des témoins, la police a commencé à tirer à balles réelles, au moins en l'air.

Selon les dernière informations d'une source hospitalière, il y aurait trois décès, et 30 blessés.

Les accords d'Alger pointés du doigt

D'après le président du conseil communal des jeunes de Gao, un des organisateurs, les manifestants demandent leur réinsertion socio-professionnelle. Ils veulent surtout pouvoir être intégrés dans l'armée et s'opposent également à l'installation dans la région des autorités intérimaires, issues des accords d'Alger. Des autorités non représentatives de la population de Gao, selon lui.

Le gouverneur de Gao, Seydou Traoré, parle quant à lui d'échauffourées, précisant qu'il y a des blessés du côté des forces de l'ordre. Ces violences sont, selon lui, le fait de groupes armés, et de groupes d'auto-défense. C'est surtout le résultat d'interprétations diverses de l'accord paix, a-t-il conclu.

Mardi soir en tout cas, l'heure était aux négociations. Une délégation de représentants de la société civile, menée par des organisations de femmes est allée à la rencontre des manifestants et des autorités pour trouver un terrain d'entente.