Jacob Zuma dans la Somme pour commémorer la bataille du bois Delville

Le président sud-africain Jacob Zuma aux Invalides le 11 juillet 2016.
© REUTERS/Christophe Petit Tesson

Le président Jacob Zuma est en visite officielle en France et il participe au centenaire de la bataille de la Somme, l'une des batailles les plus sanglantes de la Première Guerre mondiale, qui opposa Britanniques et Français aux Allemands. Jacob Zuma sera ce mardi 12 juillet à Longueval où a eu lieu la bataille du bois Delville à laquelle ont participé des soldats sud-africains qui combattaient parmi les troupes de l'Empire britannique.

14 juillet 1916, la première brigade d'infanterie sud-africaine est chargée d'attaquer les forces allemandes au bois Delville. Pendant cinq jours et cinq nuits, les 3 150 hommes vont résister sous une pluie d'obus de l'armée allemande. Ils tiendront le bois, mais les pertes sont énormes. Ce bois Delville, les Sud-Africains l'ont d’ailleurs rebaptisé « Devil Wood » (« le bois du diable »). Un quart des soldats seulement en ressortira indemne. Cette bataille du bois de Delville a été le premier engagement majeur de cette brigade sur le front occidental.

Aujourd'hui, Pretoria y a installé son mémorial en hommage aux milliers de Sud-Africains qui se sont battus en France. Un lieu d'autant plus important que c'est là qu'a été inhumé, il y a deux ans, pour les 20 ans de la fin de l’apartheid, le premier soldat sud-africain noir tombé dans l'Hexagone. Beleza Mien-Gouai reposait auparavant dans un petit cimetière civil du Havre. Car, à l'époque, la ségrégation existait déjà. Au bois Delville, les soldats inhumés sont blancs. Les noirs étaient eux répartis dans d’autres cimetières français.

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« A l'époque, le gouvernement, en raison de sa politique raciale, ne voulait pas entraîner des Noirs ou même les armer, explique Bill Nasson, professeur d'histoire à l'université de Stellenbosh. Donc, les Noirs recrutés servaient comme de la main d'œuvre dans les bataillons. Ils ont été envoyés au Havre, à Dieppe pour travailler dans les ports, mais également derrière les lignes de front. Alors qu'ils étaient là-bas, ils étaient tenus à l'écart, ils ne pouvaient pas se mélanger avec les Français comme les soldats sud-africains blancs, qu'on nommait les Zoulous blancs. »

Ce mardi, François Hollande et Jacob Zuma rendront hommage à l'engagement des Sud-Africains en France. Un « mur de la mémoire » sera inauguré. Au total, plus de 200 000 Sud-Africains ont participé à la Première Guerre mondiale.

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