Le Togo cherche sa voie pour lancer des réformes

Grand marché de Lomé, Togo.
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Depuis lundi 11 juillet, une centaine de personnes venues de milieux universitaires, politiques et de la société civile réfléchissent ensemble aux voies nécessaires pouvant permettre d'amorcer des réformes sans heurt. Au premier jour des travaux, on comprend que celles-ci sont nécessaires mais qu'elles ne se feront pas sans consensus.

Les réformes figuraient dans les recommandations de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR) qui a enquêté et écouté les Togolais sur les événements politiques survenus entre 1958 et 2005.

Pour Mgr Nicodème Barrigah, président de cette commission, la plupart des violences surviennent lors des périodes électorales ou sont en rapport avec des questions d'ordre politique : « Le cas du Togo, tel que nous l'avons compris, c'est que les Constitutions ont souvent été élaborées dans des contextes assez tendus. Un autre élément que nous avons identifié, c'est que les Constitutions au Togo semblent viser les personnes. »

Faire les réformes pour que la Constitution ne génère plus de conflit, tout le monde semble accepter le principe, mais la manière de procéder divise les politiques. Et le professeur Dodji Kokodoko, président de l'université de Lomé, prononçant le discours inaugural à cette rencontre, avertit : « Evitons de faire à la vérité une réforme institutionnelle en prétexte. Posons-nous utilement ces questions de sagesse : d'où venons-nous, où en sommes-nous et où allons-nous ? Voilà aussi toute la place et le charme du temps dans le débat constitutionnel. Autrement dit, et pour reprendre l'esprit et la lettre de l'accord politique global de la CVJR, réforme constitutionnelle sans consensus n'est que ruine de la Constitution tant célébrée. »

Le leader de l'Alliance nationale pour le changement, Jean-Pierre Fabre, chef de file de l'opposition, avait prévenu qu'il ne prendrait pas part à cette rencontre. C'est dire qu'on peine encore à trouver ce consensus.