Mali: retour au calme à Gao, le dialogue mis en place avec les jeunes

La manifestation, interdite par les autorités de Gao, a dégénéré mardi 12 juillet 2016.
© REUTERS/Souleymane Ag Anara

Les jeunes mobilisés à Gao au Mali ces deux derniers jours sont tous rentrés chez eux, satisfaits de la rencontre avec la délégation de haut niveau envoyée par Bamako. Quatre ministres et cinq députés de la majorité avaient été dépêchés en urgence après la mort de quatre personnes et une trentaine de blessés, mardi 12 juillet, lors d'une marche brutalement dispersée par la police. Aujourd'hui, ces jeunes attendent et ils sont plutôt optimistes.

Les discussions ont duré des heures, les débats ont été parfois mouvementés entre la société civile et les ministres le 13 juillet, mais finalement les jeunes de Gao ont l'impression d'avoir été entendus.

« Ça a été vraiment productif puisque maintenant, il y a un engagement du gouvernement », salue Issa Boncana contacté par RFI. Pour autant, le président du conseil communal des jeunes de Gao et membre d'un collectif de jeunes résistants émet quelques doutes : « Nous ne pouvons pas avoir l'assurance totale pour dire qu'on est totalement satisfaits », ajoutant qu'ils attendront l'avis de la justice sur la question alors qu'une enquête a été ouverte.

Les jeunes ont en tout cas pu exprimer leurs craintes concernant la mise en place d'autorités intérimaires, leur volonté d'être intégrés dans le programme de démobilisation et réinsertion, et enfin leur souhait de voir partir le gouverneur, tenu responsable des morts de mardi 12 juillet.

La délégation de Bamako a promis de transmettre ces revendications au président malien. Les ministres précisent également que des instructions ont déjà été données au procureur de la République pour l'ouverture d'une information judiciaire sur les événements de mardi.

La désignation des autorités intérimaires au coeur des inquiétudes

L'une des principales revendications des jeunes concerne les futures autorités intérimaires, un point prévu par l'accord de paix, mais qui fait beaucoup débat. Parce qu'à Gao, ce sont essentiellement des jeunes qui ont lutté contre les jihadistes pendant l'occupation en 2012 et 2013. Ils avaient formé des groupes d'autodéfense et ils craignent de voir revenir les bourreaux d'hier au sein de ces fameuses autorités intérimaires.

On ne connaît pas encore le nom de ceux qui seront désignés. Des discussions doivent commencer le 15 juillet. Des conseillers spéciaux issus des groupes armés seront choisis pour assister le préfet ou le gouverneur, par exemple. Et c'est justement pour cela que les jeunes de Gao se mobilisent, pour faire entendre leur voix au moment de désigner ces autorités intérimaires, qui doivent être mises en place dans des localités des cinq régions du nord du Mali en attendant l'organisation d'élections.

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