Madagascar: la perception du rebelle au cœur d’un travail documentaire

Site internet présentant tout le travail autour de la notion de rebelle à Madagascar.
©

Une étude auprès de plus de 7 000 personnes, une exposition photographique et un documentaire vidéo de vingt-six minutes sur la thématique de la contestation et de la perception du pouvoir à Madagascar viennent de sortir. Un travail transversal qui sert de base de réflexion pour provoquer un débat citoyen. Le documentaire de vingt-six minutes diffusé à l'université d'Antananarivo et disponible sur internet questionne donc les Malgaches sur leur vision de l'Etat et sur l'existence du rebelle.

Activistes, journalistes, artistes, agriculteurs ou encore chefs d'entreprise, dans le documentaire Zana-Bahoaka, le néo-rebelle malagasy, une trentaine de personnalités de la société civile ont tenté de répondre à la question : « Existe-t-il un rebelle malgache ? »

Si la plupart des personnages pensent qu'il n'existe pas ou ne savent pas quoi répondre, pour Tsilavina Razafinirina, jeune entrepreneur dans le web, le rebelle se trouve là où on ne l'attend pas. « Les gens qui veulent suivre les règles à Madagascar, ce sont eux qui sont les vrais rebelles. Le système est tellement contradictoire de tout ce qui peut exister dans des pays un peu plus avancés, qu’actuellement si toi tu paies des impôts tu es déjà un rebelle pour moi. Si tu es un politicien et que tu refuses d’être corrompu, tu es un rebelle ».

Le documentaire questionne les Malgaches sur leur capacité de contestation et leur rapport au pouvoir. Pour le co-réalisateur Alban Biaussat, le constat est quasi-unanime : « A Madagascar, depuis des dizaines d’années il y a une croissance, mais pas de développement et puis les crises politiques qui viennent chambouler tout ça. Et donc finalement, il y a une sorte de constat de statu quo, qui au bénéfice peut-être des gens au pouvoir, voient une sorte de contraste social de statu quo, d’embourbement, d’inertie… On dit ça avec des mots plus ou moins agressifs. Et donc la question finalement c’est : comment on en sort ? »

Malgré un sentiment global d'inertie, il existe néanmoins une dynamique initiée par les privés : création d'entreprises, d'associations qui se développent souvent en l'absence de l'Etat.