Tchad: une lettre ouverte contre les coupures d'accès aux réseaux sociaux

Viber, WhatsApp et Facebook Messenger sont bloqués par les autorités tchadienne depuis trois mois.
© REUTERS/Dado Ruvic/Illustration

Depuis trois mois, les réseaux sociaux sont coupés de manière discontinue au Tchad. En réponse, l’ONG Internet sans frontières publie avec 16 autres organisations une lettre ouverte au gouvernement. Objectif : rétablir l'accès à ces sites et rappeler à l’Etat tchadien ses engagements internationaux.

Depuis trois mois, les habitants sont privés d’accès aux réseaux sociaux de manière discontinue. Déjà au mois de février, l’accès à Facebook avait été suspendu lors de l’élection présidentielle du 22 avril. Au total, les Tchadiens n'ont eu accès à Facebook, Twitter, Whatsapp ou encore Viber qu'une dizaine de jours. Certains opérateurs de téléphones laissent alors entendre que cette coupure est liée à des mesures de prévention dans une période électorale tendue. Cette suspension dure une dizaine de jours, jusqu'au moment de l'annonce des résultats.

Si le gouvernement nie toute volonté de restreindre l'accès aux réseaux sociaux, l'ONG Internet sans frontières est en revanche alarmiste. Avec 16 autres organisations, elle publie une lettre ouverte où elle affirme détenir des rapports d’utilisation de plus de 300 000 internautes entravés dans leur liberté d’expression en ligne.

« Cette lettre ouverte est l’occasion d’informer le gouvernement que grâce à une campagne qui a permis de faire adopter une résolution de manière très ferme, le Conseil des droits de l’homme condamne toute perturbation ou coupure pour des raisons politiques, ce qui est notre analyse malheureusement au Tchad », explique Julie Owono, responsable du bureau Afrique d'Internet sans frontières. Interpellé sur cette question, le porte-parole du gouvernement assure qu'il n'y a pas de raison politique à cette coupure.

Le gouvernement tchadien se défend

De son côté, le gouvernement justifie ces coupures par des problèmes techniques. Un argument que réfute l’ONG : « Le problème technique dure depuis assez longtemps. Et surtout, on s’étonne que le problème technique ne concerne pas tout Internet ou toutes les pages, mais certaines pages identifiées qui avaient déjà été indexées par le pouvoir tchadien au moment des manifestations en soutien à Zouhoura. »

Julie Owono rappelle que le ministre de l’Intérieur du Tchad « avait nommément désigné Facebook pour ne citer que lui, comme réseau social où la société civile s’exprimait et s’organisait des manifestations à Ndjamena et des villes mortes ».

L'ONG souligne également les conséquences économiques pour le pays, où de nombreux échanges commerciaux passent par les réseaux sociaux. Le Tchad, qui arrive dernier sur le classement du Forum économique mondial en matière d'accès à Internet, n'est pas le seul pays africain concerné par ces pratiques. Le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, l'Ouganda, ou plus récemment l'Algérie, ont momentanément limité ou coupé l'accès aux réseaux sociaux ces derniers mois.

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