Gabon: nouvelles arrestations d'opposants

Libreville.
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Au Gabon, trois jeunes opposants de l'Union Nationale ont été arrêtés jeudi soir à Libreville. Parmi eux, Firmin Ollo, le coordonnateur du Mouvement des Jeunes du parti. Pour l'opposition, il s'agit d’arrestations abusives qui s'ajoutent à celles du 9 juillet dernier, en marge du dépôt de candidature du président Ali Bongo.

Jeudi, vers 22h, des jeunes de l'Union Nationale (UN) ont quitté une veillée funèbre dans le quartier de Kinguélé. Le groupe s'est séparé et l'un d'eux, Marcel Biko Moussavou, dit avoir reçu un appel l'avertissant d'une arrestation imminente. Il s'est alors enfui à bord d'un taxi, mais trois jeunes ont été interpellés, dont leur chef, Firmin Ollo. L'UN affirme qu'ils sont détenus au Commandement en chef des polices d'investigation.

Selon Paul-Marie Gondjout, secrétaire exécutif adjoint du parti, ces interpellations seraient en lien avec les troubles du 9 juillet. « Pour nous ce sont des méthodes d’un autre temps, des méthodes des régimes dictatoriaux et staliniennes et il n’est pas question de pouvoir l’accepter plus longtemps au Gabon à la veille d’un grand scrutin comme élection présidentielle. Il est souhaitable que tous ceux qui sont emprisonnés depuis ces événements du 9 juillet soient simplement libérés parce que régner dans un régime de terreur n’arrange pas du tout la situation de monsieur Ondimba, bien au contraire. »

Concernant les 26 personnes arrêtées le 9 juillet, elles sont passées vendredi devant le juge d'instruction qui a confirmé le mandat de dépôt des trois leaders syndicaux Jean Rémy Yama, Roger Ondo Abessolo et Cyrlin Koumba Mba Essiane. Leur avocat maître Henri-Paul Moubeyi-Bouale s'est dit déçu, mais pas surpris vu « la connotation politique de cette affaire ». Ils devraient rester incarcérés le temps de l'instruction. Plusieurs jeunes arrêtés notamment deux du mouvement Héritage et Modernité ont été remis en liberté provisoire.