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Mali Touareg

Mali: retour au calme à Kidal mais la tension demeure

Des rebelles du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), ici photographiés à Kidal dans le nord du Mali.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Le calme est revenu à Kidal, dans le nord du Mali, après les violents affrontements qui ont opposé dans le nord du pays les ex-rebelles touaregs de la Coordination des mouvements de l'Azawad et des membres du Gatia, un groupe armé pro-gouvernemental. L'enjeu était le contrôle de la ville. Ce vendredi après-midi, la CMA a de nouveau le contrôle de Kidal.

La vie reprend peu à peu à Kidal selon des témoins, mais la situation est encore très tendue. Selon plusieurs sources, les derniers combattants du Gatia, ce groupe armé favorable au gouvernement, ont quitté les rue de cette ville du nord du Mali.

Qui contrôle Kidal ?

Une information confirmée par Fared Ag Almahmoud, porte-parole du Gatia, qui a indiqué que ses troupes se sont repliées à quelques kilomètres de la ville. Mais celui-ci précise que si ses troupes se sont retirées, c’est parce qu’elles ont conclu un accord avec la CMA. « Nous nous sommes retirés à partir du moment où les responsables locaux de la CMA ont accepté que la CMA et la Plateforme se retirent », affirme-t-il.

La CMA, au contraire, dément l’existence d’un accord entre les deux camps. Pour son porte-parole Almou ag Mohamed, si les troupes du Gatia se sont retirées, c’est tout simplement parce qu’elles ont subi une défaite. « S'il n'y avait pas d'entente commune, il y aurait eu des combats jusqu'à ce que le Gatia ait perdu toutes ses positions dans Kidal et aux alentours de Kidal. La CMA est partout ce soir dans la ville de Kidal, y compris dans ses accès et aux alentours », assure-t-il.

Kidal serait donc entièrement aux mains de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), selon les anciens rebelles. Dans l'après-midi de vendredi, la CMA avait demandé par communiqué le retrait du Gatia de la ville de Kidal et de ses alentours pour éviter une éventuelle reprise des hostilités. En tout cas, les deux parties continuent de rejeter sur l'autre la responsabilité de l'attaque.

Bilan encore inconnu

Vendredi soir, Kidal comptait ses morts. Pas encore de bilan officiel, mais selon un journaliste sur place, il y aurait plusieurs dizaines de victimes. Une cinquantaine de blessés se sont rendus à l'hôpital de la ville depuis jeudi selon la Croix-Rouge.

Et malgré l'accalmie, plusieurs habitants et quelques combattants du Gatia étaient encore réfugiés dans le camp de la Minusma. La mission de l'ONU assure avoir envoyé deux bataillons pour patrouiller dans la ville et sécuriser les civils. Elle dénonce une violation du cessez-le feu et des accords de paix.

Ces affrontements ont éclaté quelques jours à peine après la signature d’un accord entre les deux parties à Niamey, prévoyant la gestion collégiale de la ville sur le plan sécuritaire. Les tensions entre la CMA et le Gatia ne datent pas d’hier à Kidal. La ville est sous contrôle militaire des anciens rebelles touaregs depuis 2012, mais le Gatia y bouscule leurs intérêts.

Au vu des tensions récurrentes, les deux parties ont donc signé un accord de coopération pour la gestion de la ville la semaine dernière, en attendant l’arrivée des autorités intérimaires prévues par l’accord d’Alger. Mais cette trêve fragile avait déjà été mise à mal mardi dernier alors que des échanges de coups de feu avaient fait deux morts.

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