Nord du Nigeria: MSF tire la sonnette d'alarme

Des déplacés dans le camp de Dikwa (Etat de Borno), en février 2016.
© STRINGER / AFP

Médecins sans frontières appelle à une mobilisation pour faire face à un « désastre humanitaire » dans l'Etat de Borno, dans le nord du Nigeria, touché par les violences de Boko Haram. La directrice des opérations à MSF, Isabelle Defourny, s'est rendue sur place. Pour elle, l’intérieur de l’État est coupé du monde et fait face à une situation d'urgence. Plus d'un demi-million de personnes ont besoin d’aide alimentaire de toute urgence, explique-t-elle.

Lors d'un point de presse à Paris, la directrice des opérations à MSF, Isabelle Defourny, a expliqué avoir découvert « l'ampleur du désastre » lors d'une seconde mission de repérage pour l'ONG dans la localité de Bama, à 70 km de la capitale de l'Etat de Borno, Maiduguri.

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Dans cette zone, explique le docteur, « on sait qu’il y a des centaines de milliers de déplacés. Certains sont accessibles, arrivent encore aujourd’hui à Maiduguri, dans une situation sanitaire compliquée et ont besoin de tout. D’autres sont regroupés dans des villes qui sont tenues par l’armée, et qui sont accessibles uniquement sous escorte militaire. Ces personnes qui sont regroupées par l’armée dans ces villes sont coupées de tout depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Et elles ont aujourd’hui un accès totalement insuffisant à la nourriture. [...] Mettre en place des secours veut dire acheminer des quantités importantes de nourriture pour toutes ces personnes et des soins de santé, en priorité. »

La situation est si grave que MSF a décidé de collaborer avec l'armée nigériane pour venir en aide à des centaines de milliers de personnes dans des camps de personnes déplacées. « Pour MSF, c’est exceptionnel de travailler de façon aussi proche avec les armées, et avant tout pour des questions de sécurité, explique Isabelle Defourny. Aujourd’hui, on est dans une situation où la route est contrôlée par l’armée, et au bout de la route, on a une population qui est dans un état sanitaire extrêmement mauvais, qui n’a pas accès à la nourriture et aux soins de santé. Et c’est un choix qu’on assume en raison de la sévérité de la situation des populations et parce que, aujourd’hui, cela nous semble faisable car finalement, l’armée se mobilise et facilite l’arrivée des secours dans ces villes. »

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