Soudan du Sud: la présidence pourrait tirer profit de l'absence de Riek Machar

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, lors d'une conférence de presse le 8 juillet, à Juba.
© Charles Atiki Lomodong / AFP

Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir appelle le vice-président Riek Machar à rentrer à Juba d’ici deux jours. Il demande à son rival de venir relancer le processus de paix, alors que Riek Machar a quitté la capitale pendant les affrontements meurtriers il y a deux semaines. Des combats qui ont fait au moins 300 morts.

La tension monte à Juba, mais pour l’instant ce n’est qu’une guerre de communiqués. Le but affiché de l’injonction du président Salva Kiir est de relancer le processus de paix, au point mort depuis que Riek Machar a quitté Juba : « Cet accord a besoin de nous deux pour être appliqué », a expliqué Salva Kiir via son porte-parole.

Depuis dix jours, personne ne sait où se trouve l’ancien chef des rebelles. Il refuse de rentrer dans la capitale où il affirme ne pas être en sécurité. Il dit, et fait dire par ses porte-paroles, qu’il attend l’envoi de la force d’interposition régionale voulue par l’Union africaine, une force pourtant catégoriquement refusée par Salva Kiir. Ce dernier assure que l’accord de paix ne pourra s’appliquer sans son vice-président. Il promet à Riek Machar qu’il sera en sécurité s’il revient à Juba, mais son absence de la capitale tourne en fait à l’avantage du président sud-soudanais.

Taban Deng Gaï préféré ?

Les tractations politiques continuent à Juba et certains proches de Rieck Machar, restés dans la capitale, semblent même s’acheminer lentement vers une scission. Salva Kiir peut en effet mettre à profit l’absence de son vice-président pour justifier sa mise à l’écart du processus de paix, et la désignation d’un autre membre de l’ex-rébellion.

Cet autre membre, ce pourrait être Taban Deng Gaï, c’est ce que laisse entendre l’entourage de Salva Kiir. L’actuel ministre des Mines et l’un des principaux artisans du processus de paix est un fidèle de Riek Machar, mais sa loyauté commence à être mise en doute : il a déclaré que l’ex-rébellion était « un grand mouvement, et pas une seule personne », et il s’est déjà aligné sur les positions de Salva Kiir en s’opposant à l’envoi de casques bleus au Soudan du Sud.

Il n’en a pas fallu plus pour le camp de Rieck Machar : ce matin, son porte-parole a fait savoir que tous ses commandants avaient reçu l’ordre de couper tout contact avec son ancien collaborateur. Dans ce contexte, il reste 24 heures avant la fin de l'ultimatum du président.

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