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Mali Touareg

Mali: un calme précaire est revenu à Kidal

Des rebelles du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), ici photographiés à Kidal dans le nord du Mali
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Le calme est revenu à Kidal ce samedi 23 juillet, dans le nord du Mali, après les violents affrontements qui ont opposé les ex-rebelles touaregs de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et des membres du Gatia, un groupe armé pro-gouvernemental.

Les combats ont cessé à l’intérieur de la ville de Kidal et des habitants sont sortis de chez eux, ce qu’ils ne pouvaient pas faire le matin ni la veille.

Plusieurs témoins ont vu sur place des véhicules de la mission de l’ONU circuler, faisant ce qu’on peut appeler des patrouilles. Les combattants du Gatia, le groupe d’autodéfense des Touaregs de la tribu des Imrads, n’ont plus été aperçus à Kidal.

Interrogés par RFI, plusieurs membres du Gatia ont affirmé qu’ils ont quitté la ville à la demande de médiateurs internationaux, afin d’éviter une aggravation de la situation.
Des témoins ont vu effectivement les combattants du Gatia dans une vallée située à huit kilomètres au nord de Kidal, mais surtout dans la localité d’Anéfis, située à une centaine de kilomètres au sud de la ville.

« Nous allons revenir d’une manière ou d’une autre »

« Si on ne trouve pas une solution, nous allons revenir d’une manière ou d’une autre dans la ville », menacent des combattants.

Côté de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), les ex-rebelles exultent. « Nous avons chassé le Gatia de Kidal, c’est ça la vérité », explique un combattant de la CMA.

Selon la même source, la capitale du massif de l’Adrar des Ifoghas est totalement sous le contrôle de la CMA. Reste maintenant le bilan de ces violents affrontements : de source concordante, il y a eu plusieurs dizaines de morts et de blessés.

L’arrivée des autorités intermédiaires retardées

Ces récents combats bouleversent une fois de plus l'installation des autorités intérimaires prévues par l'accord de paix d'Alger. Celles-ci devaient s'installer dans les jours à venir. Un nouveau calendrier a été défini et Kidal ne sera pas la première ville du Nord à accueillir ces nouvelles autorités censées redonner de la stabilité à cette partie du pays.

« C’est vrai qu’au départ, l’agenda aimerait qu’on commence par Kidal. Avec ce qui s’est passé, ce n’est pas possible. Un nouveau chronogramme a été signé, qui change le calendrier. Mais dans tous les cas, le principe est que les autorités intérimaires sont concernées par les cinq régions et qu’on arrive à tenir le chronogramme », réagit Mohamed Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Mali.

« Kidal, que ce soit avant ou après, l’essentiel est que le climat s’apaise pour que les autorités intérimaires puissent être très rapidement également mises à Kidal », ajoute-t-il. Et de conclure : « Kidal a entaché l’équilibre, même éphémère, mais qui existe entre les communautés. On peut dire que Kidal est une blessure qu’il nous faut patiemment essayer de guérir pour qu’elle ne puisse pas plomber l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. »

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