Roch Marc Christian Kaboré accueilli par Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire

Les présidents burkinabè Roch Marc Christian Kaboré (à gauche) et ivoirien Alassane Ouattara (à droite), à Yamoussoukro, le 28 juillet 2016.
© RFI / Frédéric Garat

Cinquième conférence des chefs d'Etat du Traité d'amitié et de coopération entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire. Ce sommet doit entériner la réconciliation entre Yamoussoukro et Ouagadougou, après un an de brouilles et de tensions, depuis la chute de l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré qui a trouvé refuge en Côte d'Ivoire.

La crise diplomatique entre les deux pays a perturbé les premiers mois de la présidence de Roch Marc Christian Kaboré. Le chef de l'Etat burkinabè exécute son premier déplacement chez son voisin ivoirien, marquant une nouvelle page de la diplomatie des deux pays. Et il a été accueilli par son hôte et homologue, Alassane Ouattara.

« Je vous remercie, M. le président, d'effectuer cette visite à Yamoussoukro, dans le cadre du Traité d'amitié et de coopération entre le Burkina Faso et la République de Côte d'Ivoire, a salué le président ivoirien. Les liens entre les deux pays sont bien connus. Ce sont des liens étroits, des liens de tous genres, des peuples, de la géographie, des cultures. »

Pour Alassane Ouattara, cette visite est « un moment important » pour les deux pays. « En effectuant cette visite, le président Kaboré nous permettra de reprendre tous les dossiers en cours », ajoute-t-il.

Le terrorisme au coeur du sommet

Parmi les dossiers évoqués par le président ivoirien, il y a bien sûr la lutte contre le terrorisme. Un sujet abordé en priorité dès le début du sommet, alors que la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso ont tous deux été victimes d'attentats en début d'année à Ouagadougou et Grand-Bassam.

« Cette question est une question qui a déjà été prise en compte par nos deux pays et même élargie au Sénégal et au Mali, puisque nous avons tenu deux réunions de concertation, rappelle le président burkinabè à son arrivée à Yamoussoukro. Même si on était auparavant un peu dubitatif suite aux attentats perpétrés dans nos deux pays, nous sommes convaincus de la nécessité de mutualiser nos renseignements et nos moyens de lutte contre le terrorisme. Et je crois qu'il y a déjà du bon travail engagé dans ce sens entre nos différents ministres de l'Intérieur et de la sous-région, que nous devons continuer à appuyer et à encourager. »

Interdépendance économique

En plus du terrorisme, les deux présidents ont d'autres sujets de discussion au menu de cette rencontre. Notamment les thématiques économiques. Des sujets qui marquent l'interdépendance entre les deux pays. Par exemple, la rénovation du chemin de fer entre Ouagadougou et Abidjan, la construction d'une autoroute qui faciliterait le transport des biens et des personnes entre le port d'Abidjan, de San Pedro et le Burkina Faso, mais aussi la construction d'un pipeline ou encore l'amélioration de la fourniture d'électricité au Burkina par la Côte d'Ivoire.

Mais cette visite de Roch Kaboré est aussi le moyen de rencontrer les Burkinabè très nombreux en Côte d'Ivoire. Ils sont près de trois millions dans le pays. Des Burkinabè qui ont acclamé leur président et qui lui ont en même temps réclamé lors d'une réunion le droit de pouvoir voter au prochain scrutin, qu'il soit présidentiel ou pour des référendums à venir. Un droit qu'ils n'ont toujours pas pour le moment.

En revanche, les deux chefs d'Etat sont restés silencieux sur les sujets qui divisent : le mandat d’arrêt maintenu contre Blaise Compaoré et le dossier Guillaume Soro. Pudiquement, ces deux sujets n'ont pas été mentionnés. Du moins pas officiellement.

En effectuant cette visite, le président Kaboré nous permettra de reprendre tous les dossiers en cours.
Lors de la rencontre entre Ouattara et Kaboré à Yamoussoukro
29-07-2016 - Par Frédéric Garat

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