Au Soudan du Sud, la guerre a continué malgré l’accord de paix

Des dizaines de milliers de personnes ont fui Juba ou ont été déplacées par les combats.
© AFP PHOTO / UNMISS/BEATRICE MATEGWA

De graves violences ont eu lieu à travers le pays, et ce en dépit de la signature de l'accord de paix d'août 2015 entre le président Salva Kiir et son rival Riek Machar. L'ONG Amnesty International a publié ce jeudi un rapport sur les massacres et les viols commis en octobre et novembre 2015 par les soldats de Salva Kiir dans l'Etat d'Unité, un fief de l'opposition. De son côté, l'ONU a dénoncé plus de 120 viols commis autour de ses bases à Juba, depuis la crise du 8 juillet, lorsque les troupes de Salva Kiir et Riek Machar se sont affrontées dans la capitale. Et les réfugiés affluant en Ouganda évoquent également des tueries et des exactions, commises dans plusieurs provinces.

Pendant que les hommes politiques s'écharpent à coups de communiqués de presse à Juba, les civils subissent la loi des armes. Et c'est le cas depuis la signature de l'accord de paix entre Salva Kiir et Riek Machar, en août 2015.

Les témoignages publiés par Amnesty International sont glaçants à cet égard. En octobre et novembre 2015, l'Etat d'Unité, l'Etat de naissance de Riek Machar, a manifestement été le théâtre d'exécutions de gens qui fuyaient les troupes de Salva Kiir, de viols des femmes, puis de leur kidnapping pour devenir les domestiques des officiers.

En avril, c'est dans l'Etat de Wau que des crimes similaires ont été commis par les soldats gouvernementaux déployés là depuis décembre.

A Juba, ce sont les combats soudains du 8 juillet qui ont rallumé la mèche. Plusieurs centaines de civils ont été abattus pendant les 48 heures qu'ont duré les affrontements. Et l'ONU a révélé ce jeudi qu'après le retour au calme, elle avait documenté au moins 120 viols de femmes autour des bases des Nations unies à Juba, où sont réfugiés des survivants.

Enfin, de l'autre côté de la frontière, en Ouganda, les réfugiés arrivent par milliers et ils racontent : ils se font tuer, violer et enrôler de force, dans l'Etat d'Equatoria orientale, mais aussi autour de la capitale.

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