Mali: après deux ans d'opération Barkhane, quel bilan en tirer?

Un soldat malien et un militaire français engagés dans l'opération Barkhane.
© PASCAL GUYOT / AFP

Au Mali, l'opération Barkhane fête ses deux ans de déploiement. Les jihadistes ont été repoussés dans le nord du Mali où ils n'affrontent plus directement les forces françaises et internationales, mais continuent de faire régner un climat d'insécurité ce qui freine la relance économique.

Sur le marché de Gao, fraîchement reconstruit par l'armée française, les commerçants sont presque tous revenus. Mais ce qui manque, ce sont les clients et les marchandises. Monsieur Traoré, c'est son surnom, a du mal a s'en sortir.

« On n’arrive pas à être approvisionnés comme il le faut parce qu’il n’y a pas de route, il n’y a pas de sécurité. On est traqués sur les routes, de gauche à droite. Même si j’ai envie d’avoir des marchandises de Mopti, de Bamako, j’ai des problèmes. Sans sécurité, il n’y a pas de développement », explique-t-il.

En attente des progrès de l'armée malienne

Pour le colonel Augereau, représentant de la force Barkhane à Gao, les projets d'aide au développement de l'armée française, comme la reconstruction de ce marché, ont un double intérêt. « Tout dépend des besoins exprimés par les populations. Le but étant de réunir les conditions, avec les moyens qu’on a d’un retour vers une prospérité, qui permettra à ces populations de se tourner vers la force, vers les autorités légitimes, et en tout cas de se détourner de ces groupes armés terroristes », explique le colonel.

L'un des principaux freins à la relance économique dans le nord-mali c'est la sécurisation des axes. Barkhane n'a pas vocation a contrôler toutes les routes. L'armée malienne, elle, en est encore incapable.

Au temps de l'opération Serval, les populations se sentaient vraiment en très grande sécurité. On ne sent pas vraiment la présence de Barkhane comme on sentait Serval
REACTION
01-08-2016 - Par Christine Muratet