Procès d’Ahmed Abba: l’accusation incapable de produire la liste de ses témoins

Ahmed Abba, correspondant en haoussa de RFI au Cameroun.
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Le procès du correspondant en langue haoussa de RFI Ahmed Abba contre l'Etat du Cameroun a repris ce mercredi 3 août à Yaoundé. Incarcéré depuis un an, Ahmed Abba est poursuivi pour complicité d'acte de terrorisme et non-dénonciation d'acte de terrorisme. Enlisé depuis son ouverture il y a six mois, le procès a pu enfin s'ouvrir dans le fond.

Ils étaient annoncés tels des épouvantails par l'accusation. L'ombre des cinq témoins censés confondre Ahmed Abba depuis six mois, quatre audiences et autant de renvois, a plané dans la salle d'audience du tribunal militaire de Yaoundé. 

L'accusation va finalement devoir faire sans. Le commissaire du gouvernement a admis en ouverture de l'audience de ce mercredi l’impossibilité de présenter au tribunal la liste des cinq témoins annoncée depuis l’entame du procès en février dernier. En lieu et place, l’accusation a cité un seul nom, un certain Ben Bidjocka, présenté comme expert en cybercriminalité. Ce dernier était absent à l’audience.

Les avocats de la défense n’ont pas manqué de faire observer que ce désistement traduisait la nullité des charges contre Ahmed Abba. « Nous annoncer la venue d'un expert ne changeait rien au fait que les preuves annoncées précédemment par le parquet ne seront jamais présentes. Donc pour moi, le dossier est encore plus vide qu'avant », affirme ainsi à RFI Me Charles Tchoungoug.

Le tribunal rejette un document de l'accusation

L’accusation, qui avait le souci de démontrer qu’il existait une certaine intelligence entre le correspondant de RFI et la secte islamiste Boko Haram, s’est par la suite longuement appesantie sur les dépositions de l’enquête préliminaire.

Des extraits de ces dépositions, attribuées à Ahmed Abba, ont été lus à l’audience et présentés au tribunal comme des preuves de sa culpabilité. Il en a été ainsi de transcriptions de données d’échanges téléphoniques entre Ahmed Abba et des personnes présentées comme appartenant à Boko Haram. Les avocats de la défense ont contesté l'authenticité de ce document en s'appuyant sur le fait qu'il s'agissait d'une photocopie. L'argument a a été retenu par le tribunal qui a rejeté le document. Il ne pourra dès lors plus faire l'objet d'exploitation à charge.

La prochaine audience a été fixée au 7 septembre 2016. Elle sera consacrée aux réquisitions et plaidoiries de l’accusation et de la défense. Ahmed Abba est accusé de ne pas avoir partagé des informations collectées à propos du groupe islamiste Boko Haram.

→ (RE)LIRE : Cameroun: Ahmed Abba, déjà un an derrière les barreaux

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