Attaque de Grand-Bassam: dix ans de prison ferme pour deux soldats ivoiriens

Un soldat ivoirien à Grand-Bassam, le 13 mars 2016, jour de l'attaque (image illustration).
© REUTERS/Joe Penney

En Côte d'Ivoire, les deux militaires accusés de complicité dans l'attentat qui avait coûté la vie à 19 personnes sur la plage de Grand-Bassam ont été condamnés à 10 ans de prison ferme. Aucune circonstance atténuante n’a été retenue, leur avocat a annoncé qu'il allait faire appel.

Dix ans de prison ferme pour les sergents Zanga Coulibaly et Brice Touré, deux militaires, deux amis, qui ont eu des contacts avec une tierce personne, le dénommé Sam, plus connu du grand public ivoirien comme étant Barry Battesti, le chauffeur du 4x4 que l’on a retrouvé à Grand-Bassam au lendemain de l’attentat du 13 mars.

Battesti, un Ivoirien de 24 ans un peu paumé, un peu naïf, ou en tous cas jouant parfaitement ce rôle, est en quête d’eldorado vers l’Europe. Sur la route de l’immigration clandestine, il fait la connaissance à Arlit, au Niger, d’un Malien, Hamza, qui l’embauche aussitôt comme chauffeur, en lui promettant des lendemains meilleurs.

De retour en Côte d’Ivoire, l’employeur fait appel aux connaissances de son chauffeur pour tenter de se procurer du Rivotril, un neuroleptique très prisé des terroristes qui sert dans certains trafics illicites de billets de banque.

Le chauffeur et son employeur se tournent alors vers les deux militaires, qui à la barre jurent ne s’être pas douté qu’il s’agissait là de terroristes, tout en admettant que, sans entrer totalement dans leur jeu, ils n’ont pas songé non plus à alerter leur hiérarchie. Ils préféraient apparemment l’appât du gain à celui d’une vigilance militaire.

C’est sans doute cette négligence, mise en exergue par un président menant remarquablement les débats, qui va perdre les deux soldats. Dix ans de prison ferme, c’est une peine lourde, « trop lourde », déplore la défense qui a annoncé dès hier soir, qu’elle allait se pourvoir en cassation. Selon l'avocat des militaires, Raoul Gohi Bi, la justice n'est pour le moment pas convaincue des faits de culpabilité de Barry Battesti dans sa participation à un acte terroriste. Il dénonce donc une décision paradoxale : ses clients sont condamnés pour complicité alors qu'on ne connait pas encore avec précision l'identité des auteurs du massacre de Bassam.

L'avocat des deux sous-officiers dénonce une décision paradoxale
05-08-2016 - Par Frédéric Garat

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