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RDC

La représentante de HRW en RDC forcée de quitter le pays

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

Ida Sawyer a quitté la République démocratique du Congo le mardi 9 août 2016. Après huit années passées dans le pays, la représentante de Human Rights Watch (HRW) a dû partir, car son visa n'a pas été renouvelé.

La représentante de HRW n’a pas eu d’autre choix que de partir. Son visa est arrivé à expiration. Un autre avait pourtant été validé au mois de mai et devait durer jusqu’en 2019, mais il a été annulé le mois dernier.

Ida Sawyer a alors déposé une nouvelle demande qui a été refusée. Pour Human Rights Watch, c’est un moyen d’étouffer la voix de tous ceux qui dénoncent la répression et les exactions en République démocratique du Congo.

Ces huit dernières années, Ida Sawyer a contribué à la rédaction de nombreux rapports, dénonçant notamment des pressions sur les opposants et la société civile. Un climat de plus en plus tendu à l’approche de la date prévue pour l’élection présidentielle. La Constitution prévoit un scrutin avant la fin de l’année.

Sanction politique, pour HRW

Human Rights Watch n’a aucun doute. Ida Sawyer a été sanctionnée pour son travail. Anneke Van Woudenberg est la directrice adjointe de la division Afrique de l'ONG. Elle dénonce cette décision et déplore que le gouvernement congolais n'ait donné aucune explication.

Pour elle, cette mesure est « une façon de forcer Ida à quitter le Congo. C'est une tentative effrontée d'étouffer tous les rapports sur la répression perpétrée par le gouvernement congolais. Ce n'est pas une question de visa, c'est une question de museler les personnes qui parlent de la répression politique. »

Pas de commentaire côté gouvernement

De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais rappelle que les services d’immigration n’ont pas à justifier leur décision. « Les services d'immigration en République démocratique du Congo ont le pouvoir d'accepter ou refuser une demande ou d'annuler un visa accordé à un ressortissant étranger, sans que nous soyons tenus de donner des explications », réagit Lambert Mende sur RFI.

Pour lui, le gouvernement congolais n'a pas à donner d'explications dans la mesure où « par réciprocité, nos compatriotes ne reçoivent aucune explication de ces pays lorsque des visas sont accordés, refusés ou annulés en faveur ou en défaveur de nos compatriotes ».

Des « élections le plus tôt possible »

Tobias Elwood, ministre britannique en charge de l'Afrique, indique travailler « sur ce dossier avec la communauté internationale. Ce pays, dit-il, fait face à de nombreux défis. Organiser les élections n'est que le début. C'est pourquoi nous devons examiner la situation des droits de l'homme au Congo. C'est pourquoi la Grande-Bretagne, avec les Etats-Unis et l'Union européenne sont parmi les plus importants bailleurs de fond du pays ».

« Donc, poursuit M. Elwood, si on regarde l'histoire des trois ou quatre dernières décennies de la RDC, cela nous montre les progrès accomplis, mais également tout le travail qui reste à faire. Et l'un des points les plus importants, dans ce processus, c'est de s'assurer que les élections s'organisent le plus tôt possible ». 

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