Mali: des migrants de retour à Bamako

Les migrants maliens à la descente du bus à Bamako.
© RFI/Anthony Fouchard

Plus de 400 migrants maliens, bloqués depuis des mois à Tamanrasset en Algérie ont été rapatriés au Mali. Ils vont être pris en charge et rapatriés dans leurs familles. Reportage.

De jeunes migrants Maliens se photographient devant le bus qui vient de les ramener à Bamako. Ils ont quitté le Mali en espérant trouver du travail, beaucoup sont tombés sur des passeurs peu scrupuleux.

« Il y a des taximen, ils te prennent et ils te jettent dans le désert. C’est là-bas que la souffrance a commencé. On m’a dit de payer 15 000, j’ai dit que je n’en avais pas. Si tu n’as pas l’argent tu te mets par terre au soleil. On prend le fouet et on te botte comme un animal », témoigne Abdoulaye, un des rapatriés.

Certains ont tout perdu, comme Kassim Diakité : « on ramasse tous tes bagages. Il y a des gens qui n'ont même pas un sac. Ils ont quitté Tamanrasset jusqu'à ici avec un pantalon et une chemise. Les gens là, ils ont brûlés tous les bagages, les cartes d'identité, les passeports, tout est perdu ».

Après 8 jours de périple en bus, il faut maintenant se faire recenser. Tous les migrants sont soignés et pris en charge, le ministère du Développement social et de l'action humanitaire se charge ensuite de les raccompagner dans leur famille.

Abderamane Togouro est gestionnaire au ministère du Développement social et de l'action humanitaire : « Depuis l'enregistrement, ils ont des contacts au Mali. Ils savent là où ils veulent aller. Nous allons prendre l'ensemble de ces informations. Et de concert avec les compagnie de transport, nous allons les emmener dans leur localité d'origine ».

Les opérations d'enregistrement doivent durer 3 jours. Mais déjà certains échafaudent des plans, pour repartir sur les routes, dans quelques semaines. « Je vais attendre un peu avant de sortir, pour tenter encore un autre pays. Pour le travail. Tout le travail que je fais, c’est pour nourrir ma famille », souligne Kassim.