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RDC ONG

Expulsion d'Ida Sawyer en RDC: face au tollé, l'immigration se justifie

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

Après les protestations contre le non-renouvellement du visa d’Ida Sawyer, la représentante de Human rights watch dans le pays, la Direction générale de migration a effectué une mise au point. La DGM ne donne pas vraiment d’explication sur le fond de sa décision, mais revient sur la procédure, pour expliquer notamment pourquoi elle a annulé le visa de trois ans de l’activiste des droits de l’homme. Et ce, alors que du côté des Nations unies et des Etats-Unis, on demande à l’Etat congolais de revoir sa décision.

La Direction générale de migration rappelle d’abord qu’elle n’est pas obligé de justifier le refus d’octroi d’un visa à un requérant. Selon la DGM, Ida Sawyer disposait de deux visas, l’un qui serait arrivé à son terme le 8 août cette année. Et un deuxième sollicité en avril dernier…

Un visa d’établissement de trois ans qui lui avait été octroyé et dont la validité courait jusqu’en 2019, reconnait la DGM. Mais ce visa serait illégal, selon le communiqué des services congolais de l'immigration, et aurait même valu des « sanctions sévères » à certains de ses agents qui s’étaient chargé de la procédure.

Pourquoi ? Parce que, selon la DGM, il est interdit par la loi d’être détenteur de deux visas d’établissement en cours de validité. C’est pourquoi en juillet dernier alors que la chercheuse de Human rights watch rentrait au pays, son nouveau visa a été annulé. L’ancien est arrivé à son terme et les services de l’immigration ont refusé de le renouveler. Et c’est bien cette décision que les Nations unies demandent à l’Etat congolais de réévaluer.  

L’ONU et les Etats-Unis réagissent

Le Haut commissaire aux droits de l’homme rappelle qu’au cours de sa récente visite, les autorités congolaises avaient promis une ouverture de l’espace politique, au vu de l’appel au dialogue du président Kabila. Et le refus de ce visa, dit le prince Zeid, fait douter de la profondeur de cet engagement.

L'un des porte-paroles de Ban Ki-moon a dit être informé de cette décision et rappelle qu'elle intervient alors que des rapports font état d'une augmentation du nombre de violations des droits de l'homme dans le pays. Ban Ki-moon a souvent rappelé qu'il était essentiel pour les défenseurs des droits de l'homme de pouvoir travailler librement sans peur de représailles, souligne ce porte-parole.

Les Etats-Unis ont également appelé Kinshasa à revoir cette décision. Le département d'Etat américain estime que la série d'expulsions, celle d'Ida Sawyer et celles d'autres chercheurs sur le Congo cette année, est incompatible avec les efforts visant à renforcer la transparence et la démocratie.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power, a, elle, rappelé l'important travail d'Ida Sawyer depuis 8 ans, en faveur de tous les Congolais, et notamment les victimes de viol, les enfants soldats et les activistes.

Lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco, l’un des porte-paroles de la mission des Nations unies dans le pays, Théophane Kinda, s’est également exprimé sur le sujet : « Nous la connaissons bien, c’est une personne qui travaille ici depuis janvier 2008. C’est une personne talentueuse et professionnelle et nous espérons que, dans les prochains jours, cette décision sera révisée et qu’elle pourra, si la situation le permet, revenir en RDC pour continuer le travail qu’elle fait ici. »

A 5RE)LIRE → La représentante de HRW en RDC forcée de quitter le pays

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