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Angola

Angola: l'inquiétude des journalistes après l'approbation de lois sur les médias

Le Parlement angolais à Luanda.
© Benjamin SHEPPARD / AFP

En Angola, l’Assemblée nationale a approuvé vendredi 12 août un ensemble de lois concernant les média et la communication. Si les députés du parti au pouvoir, le MPLA, majoritaire à l’Assemblée, sont prononcés pour, évoquant une avancée en termes de démocratisation de l’information et de régulation des éventuels risques d’un « journalisme irresponsable », certaines dispositions font bondir l’opposition ainsi que les syndicats des journalistes.

Les textes instaurent l’obligation pour tous les médias de retransmettre les discours du président de la République lorsque celui s’adresse à la nation, facilitent les plaintes en diffamation, droit à l’image et rectification. Mais ils instaurent surtout la création d’un nouvel organe de régulation des médias aux pouvoirs élargis.

Cette « Entité régulatrice de la communication sociale en Angola » pourrait attribuer mais aussi retirer les cartes de presse, et suspendre les médias qui ne respecteraient pas la déontologie et l’éthique.

Selon le secrétaire général du syndicat des journalistes angolais Teixeira Cândido, c’est surtout la composition de cet organe qui pose problème. Il espère que ces dispositions seront retirées lors du vote final en septembre.

« Le gouvernement a accepté de rectifier une série de préoccupation du syndicat des journalistes angolais mais il reste encore beaucoup de problèmes. Notamment en ce qui concerne les pouvoirs attribués au ministère de la Communication… Il surveille et contrôle le travail des journalistes et des médias à travers cette nouvelle entité régulatrice », explique Teixeira Cândido, qui pointe la mainmise du pouvoir sur cette institution.

« Cette entité devrait être indépendante. Or ce n’est pas le cas. Elle est composée de onze membres dont cinq sont nommés par le parti majoritaire au Parlement, c’est-à-dire le MPLA, et deux par le gouvernement. Cela fait sept membres pour le pouvoir qui détient donc la majorité. Nous en avons fait part au gouvernement et nous espérons que cela sera rectifié lors du vote final à l‘Assemblée. »

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