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Gabon

Présidentielle au Gabon: ouverture officielle de la campagne électorale

Le président gabonais Ali Bongo, en campagne pour sa propre succession, à Libreville, le 9 juillet 2016.
© SAMIR TOUNSI / AFP

Au Gabon, la campagne électorale est officiellement ouverte depuis aujourd’hui, samedi 13 août, à minuit. Il n'y aura pas de temps à perdre car, selon la loi gabonaise, la campagne électorale ne dure que 15 jours. Même si, dans les faits, le pays est en précampagne depuis deux ans environ.

La classe politique gabonaise est convaincue qu'il est quasiment impossible de battre campagne dans tout le territoire gabonais en 15 jours. Le pays est couvert de forêt. Le relief est très accidenté, plusieurs localités sont enclavées. Le réseau routier est encore chaotique et moins dense.

Pour contourner cette loi, Jean Ping a engagé sa précampagne il y a deux ans. Il est le seul qui a fait le tour du pays, jusque dans les villages reculés. Ali Bongo, le président sortant, a emboité le pas. Il a fait le tour du Gabon en hélicoptère. Guy Nzouba Ndama, ancien président de l'Assemblée nationale s'est aussi saigné pour aller à la rencontre des électeurs en voiture 4x4.

Casimir Oyé Mba, qui a démarré sa campagne tardivement, quadrille actuellement Libreville. Presque tous les candidats sont passés par Paris, la capitale française qui a encore une grande influence dans le choix du président gabonais.

Accusé de vouloir organiser des fraudes, René Aboghé Ella, président de la Commission électorale s'est défendu. « L’élection sera organisée dans le strict respect de a loi gabonaise qui contient des dispositions à même de garantir une élection honnête, libre et transparente. »

L'appel de la communauté internationale à la mesure

Pour la première fois, le scrutin est très surveillé par les observateurs internationaux. D’ailleurs, les ambassades au Gabon de cinq pays, la délégation européenne mais aussi l'OIF et les Nations unies ont publié une déclaration commune vendredi pour appeler toutes les parties à la responsabilité.

Abdoulaye Bathily, représentant spécial de Ban Ki-moon pour l'Afrique centrale, souligne que ce sont les inquiétudes autour du mauvais climat pré-électoral qui ont motivé cette mise en garde.

« Depuis quelques temps nous sommes préoccupés par la campagne pré-électorale marquée par des discours incendiaires qui ne sont pas propres à nous amener dans un scrutin apaisé. C’est pourquoi nous avons tenu à appeler tous les acteurs à la responsabilité pour que ce pays, qui jusqu’ici a été remarquable par sa stabilité, ne plonge pas dans une situation regrettable. »

Il estime que cet appel est d’autant plus nécessaire que le contexte dans la région est sensible, notamment avec le terrorisme, la crise économique et son impact social.

« Nous tenons d’autant plus à le faire que nous sommes dans une région qui est aujourd’hui menacée par beaucoup de défis qu’il faut relever. (…) Nous estimons qu’il faut prendre conscience de cette réalité pour que les uns et les autres fassent preuve de mesure dans les circonstances actuelles pour que ces élections se déroulent dans un climat apaisé et permettent au Gabon de franchir une nouvelle étape dans son processus de démocratisation. »
 

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