Republier
RDC

Massacre de Beni: colère et peur à Rwangoma

Des militaires de l’armée congolaise patrouillent en uniforme kaki dans Rwangoma, après le massacre de Beni, ville de l’est de la RDC, dans la nuit du samedi au dimanche 14 août 2016.
© Sonia Rolley / RFI

Le bilan du massacre de Beni, dans le nord-est de la RDC, s'est alourdi. Selon la société civile, la tuerie a fait 51 morts, tous des civils tués à la machette dans la nuit de samedi à dimanche. L'armée accuse les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) d'être responsables de cette tuerie. RFI s’est rendue à Rwangoma, l’un des lieux où s’est produit le massacre.

Des jeunes hommes restent en bordure du quartier de Rwangoma, très en colère contre l’armée congolaise et la Monusco. « Ils arrivent toujours après. Le président Kabila était là, tout près, il y a quelques jours. Il nous a promis la paix. L’encre n’était pas sèche qu’on a été massacrés », dit un habitant. « La maison où résidait le chef de l’Etat est toute proche, à 2 ou 3 km, en contrebas », indique la population.

Pressés d’abord de quitter le quartier – nous sommes à une heure de la tombée de la nuit – les habitants de Rwangoma restent pour raconter leur calvaire. « Il y a plus de corps que ce qu’on dit : 60, 70, 80, et on continue d’en découvrir », assurent-ils. Un vieil homme, ému, raconte qu’il vient juste d’enterrer son fils. Il a retrouvé le corps à la morgue. « Il était au champ, c’est un cultivateur. Ils l’ont égorgé », dit ce papa d’une soixantaine d’années.

Réactions des habitants de Rwangoma
16-08-2016 - Par Sonia Rolley

Dans Rwangoma, il y a quelques habitants mais surtout des militaires de l’armée congolaise. Ils patrouillent en uniforme kaki uni, ce qui est plutôt inhabituel. « C’est pour qu’ils puissent se différencier des assaillants qui avaient des uniformes FARDC (Forces armées de la RDC) », indique un civil. Cette mesure avait été annoncée par le général congolais qui dirige les opérations dans le territoire de Beni.

Un officier indique que son régiment reste là jour et nuit pour protéger des maisons vides. « La population a encore peur, mais bientôt, elle va rentrer », assure-t-il. En attendant, si certains reviennent en journée, beaucoup continuent de fuir. Même à la lumière des phares, ce lundi 15 août au soir, à Beni, des colonnes d’habitants partaient, leurs bagages sur la tête.

Mon premier fils est mort. On l'a égorgé comme une chèvre ! Je suis en regret, je suis très en colère !

Avec des proches de victimes à Rwangoma
16-08-2016 - Par Sonia Rolley

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.