Soudan du Sud: Salva Kiir ouvert au dialogue sur l’envoi de 4000 casques bleus

Des casques bleus de la Minuss à Juba, le 20 juillet 2016.
© REUTERS/Stringer

Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir assouplit un peu sa position concernant le déploiement de casques bleus supplémentaires. Avant le vote de la résolution par les Nations unies, vendredi 12 août, Salva Kiir avait clairement rejeté le projet mais aujourd'hui, le chef de l'Etat sud-soudanais s'est montré moins radical.

« Nous ne sommes pas opposés à une aide et nous écoutons tous les conseils », a déclaré Salva Kiir devant le parlement, à Juba, la capitale. Le président sud-soudanais ne rejette plus le déploiement de 4 000 casques bleus supplémentaires voulu par les Nations unies, mais il ne dit pas vraiment oui non plus.

Dans le discours pour l'ouverture du Parlement de transition, Salva Kiir a précisé que l'aide « ne devait pas être imposée, sous peine de devenir une intervention qui compromettrait » la souveraineté du Soudan du Sud. Le chef de l'Etat répète qu'il faut d'abord dialoguer car, pour lui, c'est clair, il n’est pas question d'être mis devant le fait accompli.

Nombreuses exactions

Dans son discours, le président sud-soudanais a également assuré que le gouvernement était bien engagé dans le processus de paix. Pourtant, son armée est accusée de très nombreuses exactions.

Ce lundi, Salva Kiir a promis que des enquêtes seraient menées sur les cas de pillages survenus en juillet. Il a notamment assuré que les coupables ne bénéficieraient d'aucune tolérance concernant les agressions sexuelles, par exemple. Pourtant, le mois dernier, dans la capitale, les militaires ont utilisé des tanks et des hélicoptères juste à côté de zones résidentielles. Ils ont aussi violé des femmes et ce, toujours en fonction de leur appartenance ethnique.

L'ONU a-t-elle bien protégé les populations ?

Jusqu'à présent, les Nations unies n'ont pas fait assez pour protéger les civils au Soudan du Sud. C'est la conclusion d'un rapport de l'ONG Human Rights Watch (HRW) sur le pic de violences survenu le mois dernier. L'organisation dénonce des attaques aveugles de la part de l'armée gouvernementale, des agressions sexuelles et des viols collectifs survenus parfois à quelques mètres seulement de soldats de l'ONU. Jonathan Pedneault est chercheur-consultant pour l'ONG ; il a passé deux semaines à Juba le mois dernier et il se désole de la passivité des casques bleus :

La réponse des Nations unies a été extrêmement lente.

Jonathan Pedneault, chercheur-consultant pour Human Rights Watch
16-08-2016 - Par Anne Cantener

 

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