Massacre de Marikana: quatre ans après, la colère des mineurs reste vive

Des mineurs dansent durant la commémoration du massacre de Marikana.
© MUJAHID SAFODIEN / AFP

L’Afrique du Sud commémore ce mardi 16 août le massacre de Marikana. Il y a 4 ans, la police sud-africaine avait ouvert le feu sur plusieurs centaines de travailleurs en grève dans une mine de platine : 34 personnes avaient été tuées et l’incident avait profondément choqué l’opinion publique. Jamais un tel massacre n’avait eu lieu depuis la fin de l’apartheid.

Avec notre correspondante à Johannesburg, Alexandra Brangeon

Une minute de silence a été observée, ce mardi 16 août à Marikana. Plusieurs centaines de personnes – mineurs, militants et hommes politiques – se sont rassemblées sur le lieu du massacre. Dans la communauté, c'est la colère et la déception. Quatre ans après le drame, les mineurs et les familles des personnes décédées estiment que peu de choses ont changé.

Les conditions de vie sont les mêmes et les salaires – à l’origine de la grève à l’époque - ont peu augmenté. Les logements promis par les compagnies minières n’ont pas été construits et les compensations pour les mineurs blessés et décédés n’ont pas été versées, puisque des discussions sont toujours en cours.

Pour le leader du parti de gauche radicale Julius Malema, le gouvernement de l'ANC n'a pas tenu ses promesses. « Nous allons nous débarrasser petit à petit de cet éléphant qu'est l'ANC et nous allons nous assurer que les gens d'ici obtiennent des logements, de l'eau courante et de l'électricité », a promis l'opposant.

Ni justice, ni excuse

 

Et plus que tout, aux yeux des mineurs, le gouvernement n’a jamais présenté la moindre excuse, pour ce qui est la pire bavure policière depuis la fin de l’apartheid. « Tant que le président Jacob Zuma ne sera pas venu ici s'excuser, on ne pourra pas parler de liberté en Afrique du Sud ! » a martelé sous les applaudissements Mmusi Maimane, leader du principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique.

À ce jour, aucun membre des forces de l’ordre n’a été inculpé pour le décès de ces 34 mineurs. Seule la commissaire de police de l’époque a été relevée de ses fonctions et doit faire face à une commission de discipline. En tout cas, ce mardi après-midi, aucun membre du gouvernement ni de l'ANC n'était présent aux commémorations.