Mali: Twitter et Facebook suspendus après la manifestation de Bamako

Twitter et Facebook suspendus au Mali
© REUTERS/Dado Ruvic/Illustration

A la suite de la manifestation de soutien au chroniqueur Ras Bath qui a dégénéré en heurts avec la police ce mercredi 17 août, faisant au moins un mort et une quinzaine de blessés, l'accès aux réseaux sociaux a été interrompu dans le pays.

Ce jeudi 18 août dans la soirée, au lendemain des violences survenues à Bamako, l’accès normal à Facebook ou Twitter au Mali restait impossible pour les internautes. La coupure est survenue vers 17h (heure locale) et perdure depuis, même si l'accès revient par intermittence. Mercredi 17 août, vers 22h, le hashtag #MaliOffline est apparu en premier sur les comptes de la diaspora.

Ce blocage est intervenu alors que l'affaire avait pris beaucoup d'ampleur sur les réseaux sociaux dès l'arrestation du chroniqueur mardi soir. Le débat s'était ouvert sous le hashtag #RasBath : de nombreux jeunes louaient les prises de position du chroniqueur contestataire et voyaient son arrestation comme une atteinte à la liberté d'expression et d'autres lui reprochaient de tomber dans l'insulte partisane.
 
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Mais c'est la manifestation et les affrontements qui ont suivi avec la police qui ont suscité de nombreux posts : des vidéos montrant la mobilisation, des photos de douilles présentées comme preuves que la police aurait tiré à balles réelles ou encore le corps d'un homme apparemment décédé.

La coupure vise-t-elle à bloquer de tels contenus ou prévenir une nouvelle mobilisation ? Rappelons que c'est sur Facebook que Ras Bath avait appelé les jeunes à venir le soutenir devant le tribunal.

Pour Julie Owono, de l’ONG Internet sans frontières, « cette situation est inacceptable ». Par ailleurs, elle trouve ce blocage contreproductif, car beaucoup d'internautes trouvent des moyens de contourner la censure grâce à des réseaux privés virtuels.

Blocages fréquents ailleurs en Afrique

Le Mali n’est pas une exception en ce qui concerne le blocage des réseaux sociaux sur le continent. En Ouganda, le régime de Yoweri Museweni n’avait pas hésité à couper l’accès à Twiter, Whatsapp et Facebook lors de la présidentielle de février 2016.

Même scénario au Burundi, lors des manifestations contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. La mesure a été également appliquée, récemment au Tchad, au Niger et au Congo-Brazaville. Les autorités de ces pays s’en dédouanent en invoquant la plupart du temps des problèmes techniques. Au Mali, les autorités démentent pour le moment avoir donné l'ordre de couper les réseaux sociaux.