Republier
Libye

Libye: le rôle essentiel de l'hôpital de Misrata dans la bataille de Syrte

L'entrée du service d'urgence de l'hôpital central de Misrata, en Libye.
© STRINGER / AFP

Dans la ville libyenne de Syrte, la situation sur le front dépend aussi de la capacité de l'hôpital de Misrata à recevoir l'afflux de blessés. Dans la ville côtière, théâtre de combats entre les forces fidèles au gouvernement de Tripoli et les jihadistes du groupe EI, les affrontements ont été parfois freinés sur ordre des médecins.

Depuis plus de trois mois, l’hôpital de Misrata, situé à 200 km du lieu des affrontements, a reçu au moins 2 049 blessés. Tous transportés par avion de Syrte.

Si l'avancée des forces fidèles au gouvernement était souvent retardée par les snipers et les mines du groupe Etat islamique dans Syrte, la capacité d’accueil de l'hôpital de Misrata était aussi un facteur qui ralentissait la progression, comme l’explique le Docteur Akram Gliwan.

« Plusieurs fois nous avons appelé les chefs militaires pour leur demander d’arrêter, l’hôpital était étranglé et eux voulaient progresser sur le front. Quand l’hôpital est plein, l’arrivée de nouveaux blessés nous met dans une situation de confusion totale. De plus, nous avons parfois d’autres problèmes, concernant la coordination pour faire sortir nos blessés déjà opérés », confie le médecin à RFI après une nuit passée à opérer.

Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle laisse du temps aux jihadistes pour se réorganiser. « C’est un très grave problème, car le fait d’arrêter les combats permet à l’organisation Etat islamique de réorganiser ses rangs, de remettre des mines dans les zones de combats. Cela nous cause plus de victimes. Nous avons été contraints de retarder les combats à plusieurs reprises. »

Le général Mohammad Al Ghasri porte-parole de l'opération de Syrte le confirme : « On ne peut lancer pas une nouvelle offensive avant de s'assurer qu'il y ait suffisamment de lits à l'hôpital », souligne-t-il.

Manque de lits, de matériel, de personnel

Or l’hôpital ne dispose que de 120 places. Et les blessés s’entassent souvent à l’accueil transformé en bloc opératoire. Le docteur Gliwan évoque des conditions de travail terribles : « Cet hôpital est le seul hôpital qui existe pour les habitants de la ville et ses environs. Nous recevons également les blessés de Syrte aux urgences de cet hôpital. Nous ne possédons que 120 lits. C'est un nombre très limité. Nous avons ouvert une très grande salle pour recevoir les urgences et pour opérer les blessés. Durant ces trois derniers mois, nous avons fait plus de 1 175 opérations dans différents domaines chirurgicaux. »

Le médecin détaille la trop longue liste des besoins et défaillances de l’établissement : « Il nous manque beaucoup de matériels et de produits médicaux, comme les produits pour l’anesthésie... Le nombre très élevés de blessés nous met une grande pression. Nous sommes dépassés, épuisés et nous manquons de personnel. Les équipes médicales sont réduites à cause de départ d’infirmiers étrangers. Nous avons fait appel aux volontaires parmi les étudiants en médecine, en dentaire et en écoles d'infirmiers afin de subvenir à nos besoins. Et nous sommes toujours en manque d'infirmiers et de chirurgiens spécialisés. »

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.