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Burundi

Burundi: vers la fin de la limitation du nombre de mandats présidentiels?

Le président burundais Pierre Nkurunziza, le 23 février 2016.
© REUTERS/Evrard Ngendakumana

Au Burundi, alors que les pourparlers organisés sous l’égide de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa semblent au point mort, les autorités organisent depuis huit mois leur propre dialogue à l’intérieur du pays. Ces consultations sont menées par la Commission nationale de dialogue inter-burundais, un organe décrié par l’opposition et la société civile. La CNDI vient de transmettre au président Pierre Nkurunziza un « rapport d’étape » où figurent ses principales pistes de réformes.

La principale suggestion de la Commission nationale de dialogue inter-burundais concerne une éventuelle révision de la Constitution : « la grande majorité des participants veulent que le président de la République puisse exercer plus que deux mandats ».

Rappelons qu’il y a déjà eu des tentatives dans ce sens par le passé. Et que c’est la décision du président Nkurunziza de briguer un troisième mandat qui a déclenché la crise que connaît le pays depuis plus d’un an.

Deuxième point important : les participants veulent « que la Constitution prime sur l’accord d’Arusha ». L'accord d'Arusha est le texte qui a mis un terme à une décennie de guerre civile au Burundi. Il fixe à deux le nombre de mandats présidentiels mais qui lui ne peut pas être amandé. Et il a instauré des quotas ethniques dans l’armée et la police.

« On a parlé des Hutus et Tutsis, des pourcentages. On va garder ça jusqu’à quand ? On a vu 60% des Hutus, 40% des Tutsis. Et on a oublié les Batwas », avance Monseigneur Justin Nzoyisaba, président de la CNDI.

Rompre avec cet équilibre ce serait ouvrir la porte au génocide selon Charles Nditidje, président du parti d'opposition Uprona. L’opposant s’insurge aussi contre la proposition de réformer la loi sur les partis politiques pour « éliminer » ceux qui ne « représentent rien » et « qui causent le chaos ».

La CNDI décriée

Ce dialogue interne est organisé par la CNDI, un organe fortement décrié, car pour l’instant il n’inclut pas la majorité de l’opposition et de la société civile indépendante qui vit en exil. Ceux qui restent boycottent quant à eux ce dialogue, jugeant qu’il s’agit « d’une mascarade organisée par le pouvoir » et que la commission est acquise au pouvoir.

« Nous avons constaté que les gens qui osaient dire le contraire de ce qui avait été préprogrammé par le pouvoir de Nkurunziza, on ne leur donnait pas la parole. Donc c’était un montage de toute pièce », estime Charles Nditidje, président du parti d'opposition Uprona.

Pour l’instant la facilitation tanzanienne n’a pas fixé de date pour la prochaine étape des pourparlers. Benjamin Mkapa doit présenter son rapport aux chefs d’Etat de la sous-région lors d’un sommet de l’East African Community le 11 septembre prochain.

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