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RDC

RDC: l'assassinat du colonel Elias Byinshi inquiète et interroge

Le colonel Elias Byinshi avait été cité lors du procès du massacre de Mutarule. Ici, les tombes des victimes (photo d'archives).
© AFP PHOTO / FEDERICO SCOPPA

En République démocratique du Congo, le colonel Elias Byinshi a été enterré mercredi 24 août. Cet officier de l’armée congolaise a été assassiné le week-end dernier à Bukavu, quelques jours après l’ouverture du procès du massacre de Mutarule. Une procédure au cours de laquelle il avait été cité, accusé – a minima - de ne pas avoir protégé les victimes, sur fond de conflit entre communautés Banyamulenge et Bafulero. Cet assassinat suscite bien des questions et des craintes au Sud-Kivu.

Dans les heures, les jours qui ont suivi l’assassinat, la ville de Bukavu était en ébullition. Un officier munyamulenge assassiné laissait craindre un nouveau cycle de violence dans la plaine de la Rusizi où communautés Banyamulenge et Bafulero sont régulièrement en conflit depuis plus de 20 ans.

Le colonel Elias Byinshi, déployé dans la plaine en 2014, était accusé par les Bafulero d’être impliqué dans le massacre de plusieurs dizaines de membres de leur communauté à Mutarule. « Il avait été convoqué, mais avait refusé de se rendre au procès », indiquait une source militaire.

Depuis 2014, cet officier était sans affectation, en attendant d’être blanchi, assurait cette source… L’ONU aurait fait pression pour qu’il soit suspendu. Le soir de sa mort, le colonel Elias Byinshi était allé boire un verre avec des membres de sa communauté. En rentrant chez lui, il a été assassiné, malgré la présence d’un garde du corps sorti indemne de l’incident, ce qui suscite beaucoup de questions.

Pourquoi l’aurait-on tué ? « Il détenait une partie de la vérité, on voulait qu’il comparaisse », explique un représentant de la communauté Bafulero. Une source officielle affirme pour sa part que le colonel Elias était mécontent d’être le seul puni pour Mutarule, qu’ayant été menacé d’arrestation, il se disait prêt à parler. L’aurait-on tué pour le faire taire ?, s’interroge cette source. Un membre de la communauté Banyamulenge répond : « C’est une manière de blâmer la victime. Le colonel Elias n’aurait jamais trahi sa communauté. »
 

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