Sénégal: le pays veut devenir autosuffisant en riz d'ici 2017

Ouvrières agricoles dans une rizière du Sénégal.
© Getty Images/Christian Aslund

Au Sénégal, bonne nouvelle pour l'économie : la totalité de la production nationale en riz blanc a été écoulée, d'après les acteurs de la filière. Le pays importe massivement cette denrée de l'étranger, alors que le riz est l'aliment le plus consommé du Sénégal. Les autorités veulent donc mettre fin à cette dépendance et tablent sur l'autosuffisance en riz d'ici 2017. Alors, les consommateurs ont-ils réellement changé leurs habitudes ? Les autorités l'affirment. 

« Nourrir le Sénégal par le Sénégal ». Dans la vallée du fleuve, où se concentre une large partie de la production nationale de riz, ce slogan s'est concrétisé par des investissements publics importants.

Résultat : plus de riz produit et une production mieux vendue, selon le ministre du Commerce, Alioune Sarr. Pourtant dans les points de vente de Dakar, pas de changements spectaculaires. Au marché Tilène, le grossiste Oumar Touré importe et vend toujours du riz majoritairement étranger. « Moi, je vends le riz importé et en même temps, le riz sénégalais. Le riz local représente à peu près 5%. Ce n’est pas beaucoup ! On n’a pas encore la meilleure qualité qu’on veut, et puis les Sénégalais préférent toujours le riz importé pour l’instant au riz local », estime-t-il.

90 kg de riz par habitant chaque année

Les Sénégalais sont de grands consommateurs de riz. Chaque habitant en mange en moyenne 90 kilos par an, dont une majorité est importée de pays comme la Thaïlande ou la Chine, alors que le Sénégal présente tous les atouts pour produire son propre riz en quantité.

Cliente du marché de la Gueule-Tapée, Sophie Diallo s'est mise au riz sénégalais, un peu à contrecœur. « C’est le riz étranger qui est meilleur. Si on avait de l’argent, c’est ça qu’on va acheter tout le temps pour manger. Parfois, le riz de la vallée, il y a des pierres. Parfois, tu manges ça et ça fait clac sous la dent. Comment faire ? », ironise-t-elle.

Il existe aujourd'hui une plateforme de commercialisation du riz sénégalais regroupant les riziers, les importateurs, mais aussi l'Etat et certaines banques. Cette semaine, ces acteurs de la filière se sont réunis pour faire le point et ont tous reconnu qu'il leur fallait encore trouver de nouvelles manières de promouvoir la production nationale et d'inciter les Sénégalais à manger le riz de leur pays.

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