Libération de prisonniers politiques en RDC: un effet d’annonce?

Le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba.
© AFP PHOTO BERTRAND GUAY

Une semaine après l’annonce par le gouvernement, il n’y a toujours pas de libération de prisonniers politiques ou de réouverture de médias. Kinshasa avait annoncé vendredi dernier, le 19 août, la libération de 24 prisonniers sur 26, et de deux médias sur trois sur une liste donnée par l’opposition, une liste ancienne, la plupart de ces détenus étaient déjà libres. Malgré tout, devant ce geste, la facilitation de l’Union africaine avait décidé de lancer le dialogue politique. Provoquant la colère d’une partie de l’opposition qui l’avait jugé bien insuffisant et a boycotté le dialogue.

Dans les faits, sur la vingtaine annoncée, quatre prisonniers seulement devaient réellement bénéficier d’une libération. Ils sont tous de la société civile, Christopher Ngoyi, Jean-Marie Kalonji mais aussi Fred Bauma et Yves Makwambala, tous deux du mouvement Lutte pour le changement, la Lucha. Le mouvement citoyen craint aujourd’hui l’effet d’annonce.

Ghislain Muhiwa a été libéré par une mesure de grâce présidentielle, à quelques jours de la fin de sa détention le 26 juillet ; première des mesures présentées comme mesures de décrispation avec l’opposition.

Lui comme tous les autres militants de Lucha ne comprennent pas pourquoi la dernière annonce n’est toujours pas suivie des faits : « Ça nous inquiète beaucoup et c’est une déception pour notre mouvement, la Lucha, de voir qu’un gouvernement qui prend une décision de libérer des activistes qui viennent de faire beaucoup de temps en prison, et ça fait déjà une semaine qu’ils ne sont pas libérés alors que la décision devrait être exécutée ».

Fait aggravant pour la Lucha, le président Kabila lui-même aurait promis, au cours d’une rencontre, la libération de leurs six militants encore détenus. Deux seulement se retrouvent sur la liste des prisonniers à libérer, présentés par le gouvernement. « Pour nous, on s’est dit comment est-ce que les gouvernements, les ministres, ne savant pas respecter la parole du président de la République ? Lui-même dit que moi, je vais libérer vos camarades, et les ministres et tous les autres ne veulent pas respecter même la parole officielle du président de la République », témoigne Ghislain Muhiwa, militant de la Lucha.

Le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, qui avait fait cette annonce, dit s’être basé sur une liste transmise par l’Union européenne.

La Lucha, comme l’opposition et une grande partie de la société civile, réclame la libération de tous les prisonniers politiques. Le rassemblement de l’opposition avait transmis une liste de 115 détenus, prisonniers politiques ou amnistiés, mais toujours détenus. Leur libération est l’une des conditions sine qua none à leur participation au dialogue.

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