Election au Gabon: l'attente des résultats, dans les rues calmes de Libreville

Vue de Libreville, la capitale gabonaise, le 23 août 2016.
© MARCO LONGARI / AFP

Au Gabon, les résultats de la présidentielle doivent être proclamés mardi à 17 h. Beaucoup ont en mémoire les violences post-électorales qui avaient marqué le scrutin de 2009. Dimanche, les deux principaux camps ont revendiqué la victoire. En soirée, l'ambiance à Libreville est resté calme, trop calme peut-être, disent certains.

A 22 h, dans le quartier Louis, au nord de la capitale gabonaise. Un lieu où les habitants aiment venir se relaxer. Sauf que ce soir, le quartier est désert : bars et restaurants sont fermés. Le calme est inhabituel, confie un Librevillois.

Même ambiance derrière l’assemblée, où la plupart des commerces sont restés portes closes. Pour George, le phénomène est lié aux élections et au risque de violences. « Ici, c’est un coin qui vit du lundi au lundi. On trouve un peu de tout : du poisson à la braise, des viandes à la braise, du poulet… Il y a des bars, on peut prendre de la bière, des jus de fruit, tout. Ce soir, je trouve que c’est un peu louche parce que tout est fermé. C’est calme parce que les gens ont très peur », analyse-t-il. 

Alors que dans les rues, les forces de l’ordre sont rares, au quartier Lalala, dans le sud de Libreville, l’ambiance est sereine. Dans un bar, on regarde un match de foot, comme si de rien était. « Tout est ouvert depuis 14 h, on est là, c’est comme d’habitude, le quartier vit, rapporte un ancien du quartier. Ici, c’est un quartier familial, on se connaît tous, donc il n’y a pas de problème entre nous. Quel que soit le bord politique des uns et des autres, on boit tous ensemble. »

T-shirt noir et muscles saillants, JC, lui, est dans l’attente. « Ce soir, on est en train de regarder le match de foot du PSG contre Monaco, mais bon on attend les résultats aussi », rappelle-t-il.

Certains parlent d’un calme précaire avant la proclamation des résultats mardi. Un moment sensible du processus électoral.

→ A (RE)LIRE : Gabon: Ping se dit «vainqueur» de l'élection présidentielle, Bongo «serein»

A Port-Gentil, le souvenir des violences de 2009

A Port-Gentil, deuxième ville du pays, aussi, c'est le calme qui règnait dans les rues dimanche soir.

Les gens ont vraiment peur. Au moment où je vous parle, dans les magasins, c'est vide parce que les gens ont fait des achats la semaine dernière, les gens se sont ravitaillés avant.

Ecoutez le témoignage de cet habitant
29-08-2016 - Par Anne Cantener

En 2009, l'élection d'Ali Bongo avait été violemment contestée. Port-Gentil avait été secoué par des affrontements meurtriers et des pillages.

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