RDC: le nonce apostolique et le patron de la Monusco à Béni, après les massacres

Prière sur l'un des lieux du massacre à Rwangoma. Au centre, le nonce apostolique et à sa sa droite, le chef de la Monusco, Maman Sidikou.
© RFI/Sonia Rolley

En République démocratique du Congo (RDC), le nonce apostolique et le patron de la Monusco sont en visite à Béni. Ensemble, ils se sont rendus sur le lieu du dernier massacre de Rwangoma. En périphérie de cette ville, le 13 août dernier, plus d’une cinquantaine de personnes ont été massacrées. Il s'agit de l’une des pires tueries que ce territoire a connue depuis deux ans. Deux jours après ce massacre, le lundi de l’Assomption, le pape François avait dénoncé le « silence honteux » autour des tueries de Béni. Preuve de l'inquiétude papale, le nonce apostolique s'est rendu sur place pour faire ensuite un rapport au Vatican.

Le représentant du pape et le patron de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) ont ainsi arpenté les lieux du drame. Ils se sont rendus à Rwangoma, à Mbelu, sur ces pistes où les paysans qui rentraient des champs ont été massacrés. Comme guide, le maire de la ville qui leur donnait tous les détails au passage.

Une visite qui s’est faite à pied pour se rendre compte, pour prier aussi à la mémoire des victimes. « Donne leur Seigneur le repos éternel. Qu'ils reposent dans la paix. » Le nonce et l’évêque de Butembo ont par ailleurs fait une courte cérémonie sur l’un des lieux principaux du drame où une dizaine de corps avaient été retrouvés.

Nous sommes rassembler parce qu'il y a la détermination de faire mieux.

Nonce apostolique
30-08-2016 - Par Sonia Rolley

A l’issue de cette visite et en présence du patron de la Monusco, le nonce apostolique a fait une déclaration, sans appel : « Il faut faire mieux. Le mandat de la Monusco de protection de la population ne peut pas être sacrifié pour remplir d’autres mandats, aussi importants soient-ils », a insisté le représentant du pape François avant de concéder que la« la Monusco ne peut pas tout, seule. Il faut également la volonté politique du gouvernement de faire mieux ainsi que l’implication des autres composantes de la société », a-t-il ajouté.

De son côté, Maman Sidikou, le patron de la mission onusienne, a renchéri : « Pour la Monusco, les discours, la compassion, tout ça ne suffit plus. Il est évident qu'avec les FARDC il faudra arrêter une stratégie différente parce que nous comptons les morts et ça ne peut plus continuer », a dit le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies qui a insisté sur l’importance de changer de stratégie.

Explosion de joie à la plus vieille paroisse du territoire de Béni. Le nonce apostolique est venu transmettre un message de compassion de la part du pape François. Et expliquer le but de sa visite avec le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en RDC. « Nous voulons voir concrètement comment faire vivre le travail de protection de la population », a-t-il expliqué.

Ne pas désespérer, ne surtout pas céder à la violence, croire en l’espoir d’un avenir meilleur avec le concours de tous. C’est le message du représentant du pape François à la population de Béni.

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