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RDC

A Beni, le nonce apostolique appelle à un dialogue plus inclusif en RDC

Le nonce apostolique, Monseigneur Montemayor, en visite à Beni, en août 2016.
© RFI / Sonia Rolley

A l’occasion de sa visite à Beni, le nonce apostolique s’est exprimé sur le processus de dialogue en cours en République démocratique du Congo. L’Eglise catholique, à travers les évêques de la conférence épiscopale, s’était investie pour tenter notamment de faire accepter le facilitateur Edem Kodjo, toujours contesté par une partie de l’opposition, mais aussi pour ramener toutes les parties autour de la table en permettant des échanges indirects. Le nonce apostolique se dit un peu fâché de la tournure qu’ont pris les évènements.

« On était intervenu en force pour sauver le sort du facilitateur qui était presque abandonné », dit le représentant du pape François en RDC. Monseigneur Montemayor rappelle que toutes les parties, y compris celles qui refusent de voir Edem Kodjo, étaient venues parler avec les évêques.

Le nonce dit avoir demandé du temps à la facilitation de l’Union africaine pour voir l’effet des premières mesures de décrispation. Le rassemblement de l’opposition demandait entre autres la libération de tous les prisonniers politiques et la réouverture de médias proches de certains partis.

Au final, quatre prisonniers sont effectivement libérés, sur la centaine réclamée aujourd’hui. Insuffisant, dit le représentant du pape. Monseigneur Montemayor reconnait toutefois un bon geste du gouvernement. Le nonce apostolique a toutefois rappelé que l’Eglise catholique restait en faveur d’un dialogue et appelait toutes les parties à y participer. « On est contre l’idée de mettre des préalables », explique le Nonce.

« Le dialogue ne peut pas se limiter à la procédure, le fichier électoral, le calendrier, il y a environnement politique et social », martèle Monseigneur Montemayor, demandant des gestes également pour « soulager la souffrance du peuple ». En l’absence des principaux partis d’opposition, le nonce estime que le dialogue ne sera pas représentatif. « On est un peu fâché, je ne suis pas allé à l’ouverture du comité préparatoire même si je ne suis pas contre », rappelle l’émissaire du pape François.

De son côté, le chef de la Monusco, Maman Sidikou, se dit optimiste malgré les défis qu'il reste à relever. « Nous continuons à parler aux uns et aux autres, à demander au gouvernement de renforcer ou d'approfondir les mesures de décrispation, explique-t-il au micro de RFI. C'est évident que ça aidera. Mais nous parlons aussi à nos amis de l'autre côté en leur disant : "Vous êtes responsables de votre pays autant que le gouvernement". [...] Notre rôle, c'est de continuer à rapprocher les positions et à rappeler les principes. Je pense qu'on avancera. »

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