Soudan du Sud: les autorités religieuses favorables à une force de protection

Un casque bleu dans un camp de déplacés pendant la visite du Conseil de sécurité de l'ONU, à Jebel, le 3 septembre 2016.
© REUTERS/Jok Solomun

Le Conseil de sécurité de l'ONU est actuellement à Juba pour tenter de convaincre le président Salva Kiir d'accepter le déploiement de 4000 casques bleus supplémentaires. Les ambassadeurs de l’ONU ont rencontré, ce samedi matin 3 septembre, des représentants de la société civile, notamment les autorités religieuses.

Les Sud-Soudanais se réfugient par milliers dans des églises lorsque la violence éclate à Juba. Les prêtres catholiques et anglicans sont donc sur la ligne de front. Pas étonnant dès lors que les dirigeants chrétiens qui ont rencontré les ambassadeurs du Conseil de sécurité de passage à Juba leur aient demandé de l’aide.

Concrètement, ils voudraient que l’ONU envoie une force qui aurait pour mandat de protéger les civils. Une force onusienne est déjà sur place. Elle est même importante. Mais aux yeux de l’archevêque catholique de Juba, Paulino Lukudu Loro, ces 13 000 personnes ont démontré leur incapacité à protéger qui que ce soit. « Cette force est insuffisante, ni assez sérieuse, ni assez robuste, juge-t-il. Ils ont probablement peur. Nous sommes portés à croire que, la plupart du temps, ils sont là pour se protéger eux-mêmes, alors qu’une force de protection devrait protéger les civils. Nous avons besoin d’une force véritablement capable de protéger les populations ! »

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Le gouvernement est réticent, estimant qu’une force qui aurait pour mandat de protéger la population porterait atteinte à la souveraineté nationale. L’archevêque catholique balaie ses objections. « Tout le monde le sait : il y a beaucoup de peur et d’insécurité au Soudan du Sud. La situation humanitaire n’est pas très bonne. Des gens ont été traumatisés par les meurtres, les vols, les incendies, les viols et ainsi de suite. Les gens ont le moral à zéro. Leur confiance en eux, la confiance qu’ils font au gouvernement et aux forces de sécurité, est au plus bas. Notre message au Conseil de sécurité est : nous avons besoin de paix et de protection. Notre sujet n’est pas la souveraineté du Soudan du Sud. Je suis Sud-Soudanais et je ne veux pas qu’on brade la souveraineté de l’Etat. Mais notre sujet, c’est la vie, la situation, des gens. Les civils souffrent ; c’est ça qu’il faut retenir, pas la souffrance de l’Etat », insiste-t-il.