Gabon: la France s’inquiète de la situation de plusieurs de ses ressortissants

Manuel Valls, le Premier ministre français.
© REUTERS/Ramzi Boudina

Au Gabon, alors que plus de 800 personnes ont été arrêtées dans la capitale durant les violences postélectorales, la France s'inquiète d'être sans nouvelle d'une quinzaine de ressortissants franco-gabonais. Après le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, lundi soir, mardi matin c'est Manuel Valls, le Premier ministre, qui s'en est inquiété sur l’antenne de la radio RTL.

« Nous sommes, c’est vrai, sans nouvelle de plusieurs de nos ressortissants, souvent binationaux franco-gabonais, une quinzaine de personnes. Nous demandons aux autorités gabonaises que tout soit fait pour les retrouver. C’est une exigence et nous espérons avoir le plus vite possible des informations les concernant ». Cette déclaration de Manuel Valls a aussitôt donné lieu à un communiqué du ministère gabonais des Affaires étrangères gabonais.

Il confirme que des citoyens gabonais binationaux ont été arrêtés après les manifestations postélectorales, mais ne donne aucun chiffre ni d'indications sur les identités ou encore le lieu où ces personnes se trouvent. Surtout, le ministère des Affaires étrangères rappelle que pour les citoyens binationaux, lorsqu'ils sont au Gabon, c'est la nationalité gabonaise qui prime. En clair, avoir une autre nationalité ne les empêche pas d'être « assujettis aux lois et règlements gabonais ».

Une liste de six Franco-Gabonais

Ce mardi matin également, l'ambassadeur de France a été reçu par le ministre des Affaires étrangères, Emmanuel Issoze Ngondet. Une liste de six personnes de nationalité franco-gabonaises a été remise aux autorités. Des personnes arrêtées pour leur implication dans les manifestations qui ont suivi les élections. « Ils ont participé aux actes de violence et de vandalisme, affirme le ministre gabonais des Affaires étrangères. Ils doivent donc répondre de leurs actes devant la loi. »

Quant à la demande des autorités françaises d'avoir accès à ces Franco-Gabonais pour vérifier leurs conditions de détention et le respect de leurs droits, Emmanuel Issoze Ngondet répond que « des discussions diplomatiques » sont en cours. Selon lui, le Gabon n'a pas la même interprétation que la France de la Convention de Genève, qui réglemente l'assistance consulaire à des ressortissants étrangers. Pour Libreville, ces Franco-Gabonais ne peuvent se prévaloir de leur deuxième nationalité tant qu'ils sont sur le territoire gabonais.

Enfin, le ministère de la Justice se tient à la disposition des familles pour répondre à leurs questions, affirment les autorités gabonaises. Le problème c'est que ce lundi justement les familles n'ont pas eu accès au palais de justice où étaient présentés les premiers prévenus. Des audiences qui se poursuivaient ce mardi.

Au total, 800 personnes ont été arrêtées à Libreville durant les violences postélectorales, la plupart au QG du candidat de l'opposition Jean Ping.

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