Le khat n'est plus livré en Somalie

Il va être difficile de trouver du khat dans les rues de Mogadiscio ces prochains jours.
© ZACHARIAS ABUBEKER / AFP

A compter du mardi 6 septembre, plus aucun avion transportant du khat n'est autorisé à se poser en Somalie. Cette plante euphorisante, cultivée au Kenya et en Ethiopie, est très largement consommée dans toute la Corne de l'Afrique. Même si l'Etat autoproclamé du Somaliland et l'Etat du Puntland ont refusé d'appliquer l'interdiction, cette dernière pourrait bien être un tournant historique pour les hommes de Mogadiscio et de sa région.

L'arrivée de l'avion de khat, c'est un événement, tous les matins à l'aéroport de Mogadiscio. Mais ce mardi matin, rien : pas un avion n'est venu assurer la livraison. La veille, le ministre somalien de l'Aviation, à la surprise générale, a rédigé une circulaire interdisant aux chargements de khat d'atterrir dans son pays.

L'interdiction du khat était une vague promesse du président Hassan Cheikh Mohamoud. Pourtant, l'économie du khat en Somalie est considérable : les hommes de Mogadiscio dépensent plus de 600 000 dollars par jour pour avoir droit à quelques branches. Au Kenya, la région des collines de Nyambene est largement dépendante de la plante, de même que plusieurs milliers de paysans en Ethiopie. Son commerce vers la Somalie, mais aussi le Yémen ou Djibouti, rapporte 90 millions d'euros par an au Kenya, le double à l'Ethiopie.

C'est une décision terrible. Une catastrophe pour nous, pour nos familles, nos vies entières.

Kimathi Munguri, Nyambene Miraa Trade Association
06-09-2016 - Par RFI

Du côté des partisans de l'interdiction, on jubile et on incite les Somaliens à se servir plus utilement de leur temps et de leur argent.

Au Kenya, c'est la consternation. L'association des commerçants de khat de Nyambene espère que ce n'est qu'une décision temporaire, dictée par des motifs politiques. La Somalie et le Kenya ont en effet de nombreux contentieux diplomatiques à régler. Et le khat pourrait n'être qu'une monnaie d'échange.

Sans khat, les pères vont passer plus de temps avec leurs familles. Il y aura moins de violences domestiques.

Abukar Awale, porte-parole de l'Anti-khat Campaign
06-09-2016 - Par RFI

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