«Biens mal acquis»: le point sur les enquêtes visant des chefs d'Etat africains

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso est l'une des personnalités concernés par les affaires dites des «biens mal acquis» (ici le 3 mars 2015).
© AFP PHOTO / THIERRY CHARLIER

Au lendemain du renvoi de Téodorin Obiang devant un tribunal correctionnel, en France, où en sont les enquêtes concernant les autres chefs d'Etat visés par l'affaire des « biens mal acquis » ? Trois chefs d'Etats et leurs entourages sont visés par des enquêtes en cours, dont Denis Sassou-Nguesso, François Bozizé ou encore la famille Bongo.

Depuis 2010, les juges s'intéressent au congolais Denis Sassou-Nguesso, soupçonné d'avoir détourné l'argent de la manne pétrolière de son pays. Plusieurs sociétés offshore sont notamment au cœur des investigations des juges. Elles auraient reçu des dizaines de millions d'euros du Trésor public congolais pour financer les dépenses de la famille Nguesso en France.

Une villa et deux appartements ont été saisis par la justice française. Au mois de février, Denis Sassou-Nguesso a porté plainte en France, estimant que les documents sur lesquels l'enquête se fonde ne sont « pas conformes à la réalité ».

Les juges s'intéressent aussi à l'ancien président centrafricain. François Bozizé disposerait, en France, de plusieurs biens immobiliers, de comptes bancaires et de voitures de luxe. Les juges d'instruction se sont notamment penchés sur plusieurs millions d'euros de commissions, versés pour l'obtention de contrats miniers parmi lesquels celui décroché par la société Areva après le rachat du canadien UraMin.

Enfin, la succession du défunt Omar Bongo, du Gabon, est également au cœur d'une enquête, à Paris. Là, c'est une société immobilière qui a été saisie. Une société dont les juges estiment qu'elle appartenait au moins partiellement à Omar Bongo. Au total, selon l'organisation Transparency International, la famille Bongo disposerait de 33 propriétés en France, dans les quartiers chics de Paris et sur la Côte d'Azur.