Gabon: plusieurs médias victimes de violences post-électorales

Un vendeur de journaux à Libreville, le 29 août 2016.
© MARCO LONGARI / AFP

Au Gabon, après les violences post-électorales, beaucoup d’édifices, d’institutions, d’entreprises ou d’organisations sont toujours en train d’évaluer les dégâts et d’entamer une lente reconstruction. C’est notamment le cas des médias. Plusieurs d’entre eux ont été attaqués, qu’ils soient réputés proches du pouvoir ou de l’opposition.

« C’est un paysage apocalyptique… »

L’attaque contre l’ « Union » a été rapide. Des dizaines de jeunes ont ouvert une brèche dans le portail et ont caillassé le bâtiment avant d’y mettre le feu. Les employés du journal se sont réfugiés où ils ont pu.

Joël Akouango, directeur d’exploitation, s’est caché près de l’imprimerie. Aujourd’hui il parle d’une rédaction traumatisée.

« Quand un pareil évènement se produit, il y a quand même l’état mental des journalistes. On ne revient pas comme ça, après avoir vécu la peur de sa vie », dit-il.

La rédaction a été déplacée dans une pièce annexe. Le journal - tiré à 22 000 exemplaires - pourrait ressortir dans quelques jours mais les réparations devraient durer plusieurs mois.

« Donc ça c’est une porte blindée… »

TV Plus a aussi été ciblée. Franck Nguema, PDG de la chaîne, parle d’un commando d’hommes armés et encagoulés. Victime de sa sixième attaque en sept ans, l’entreprise avait pris ses précautions.

« Ils ont cassé tout ce qui est possible de permettre de faire de la production audiovisuelle : les bandes de montage, les caméras, les bandes de réalisation vidéo, etc. Ils ont ainsi attaqué le nerf même de la chaîne de télévision pour pouvoir réaliser ses émissions. Manque de pot pour eux, vous savez, après sept ans, on s’est rendu compte qu’il fallait qu’on s’organise. Trois jours après, on a pu réémettre ! », explique Franck Nguema.

Les médias proches des deux camps ont été touchés. Dans plusieurs rédactions, certains journalistes souhaiteraient un traitement de l’information plus impartial pour éviter les représailles.

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