Mali: les députés adoptent le nouveau code électoral, les débats continuent

L'avenue Oua, à Bamako, au Mali.
© Mathieu Arnaudet/Getty Images

Au Mali, les députés ont adopté vendredi 9 septembre à 78 voix contre 28 le nouveau code électoral après de houleux débats. Si bon nombre de députés de l’opposition sont contre cette nouvelle loi, quelques députés de la majorité sont également réfractaires.

Sur deux articles phares du nouveau code électoral adopté, les députés ont plutôt coupé la poire en deux.

Il y a d’abord le nombre de parrainages de députés nécessaires pour valider une candidature à la présidentielle. L’ancienne loi électorale parle de 10 députés, le projet de loi en débat avait mis la barre à au moins 15 députés et 5 conseillers nationaux. Finalement, la loi adoptée revient au chiffre de 10 députés.

Ensuite, la caution pour chaque candidat à la présidentielle sera désormais de 25 millions de francs CFA. Dans l’ancienne loi, 10 millions de francs CFA étaient nécessaires, alors que le projet de loi, avant son adoption, avait proposé 35 millions de francs CFA.

Quid des amendements des députés ?

Par ailleurs, dans le nouveau code électoral d’autres innovations : sur les listes de candidatures aux futures élections, les femmes sont mieux représentées.

Les élections communales pourront se dérouler de manière éclatée, c’est-à-dire dans certaines localités et pas dans d’autres au même moment. Le texte prévoit également que le candidat aux prochaines élections présidentielles « doit être de nationalité malienne d’origine ».

Si pour la quasi-totalité des députés de la mouvance présidentielle le nouveau code électoral renforce la démocratie malienne, pour l’opposition et quelques partis de la majorité, c’est le contraire. Ils regrettent, disent-ils, de n’avoir pas vu prendre en compte la plupart de leurs amendements.

Polémique sur les élections communales

Parmi les remarques de l'opposition qui n'ont pas été prises en compte, la principale concerne l'organisation des élections communales de novembre. Cette disposition ouvre la voie à l'organisation d'élections partielles. c'est-à-dire seulement là où l'Etat est installé.

Djiguiba Keïta, secrétaire générale du Parena, qui dispose de trois députés à l'Assemblée nationale : « Nous attendons que l’Etat existe au moins dans les régions de Ségou et Mopti. L’Etat n’est plus dans les régions de Ségou et Mopti. Et ne parlons pas du grand Nord, où on a parlé des autorités intérimaires qu’on ne peut pas mettre en place. Donc si d’aventure les élections ont lieu, une partie du pays sera régie par des lois de la République et une autre partie par les autorités intérimaires. Nous nous battons pour que les élections n’aient pas lieu le 20 novembre. »

Du côté de l'URD, le principal parti d'opposition du Mali, on déplore une mesure qui va accentuer les divisions. « Cela peut porter préjudice à l’unité du Mali. Parce que si on les organise au sud mais pas au nord pour des raisons sécuritaires et qu’on les organise après, ça va accentuer le repli identitaire, commente Madani Traoré, secrétaire général de l'URD. Parce que les sudistes vont avoir leur conseil, les nordistes vont avoir le leur. C’est clair, à ce moment-là, que la partition du pays est en marche. »

L'opposition n'est pas encore fixée sur la manière de manifester le désaccord. Mais quoiqu'il arrive affirme Djiguiba Keïta, « cela ne va pas en rester là »