Algérie: le Réseau Wassila se bat contre les violences faites aux femmes

Des femmes algériennes sur la promenade du front de mer des Sablettes, à Alger, le 31 mai 2014.
© AFP PHOTO/FAROUK BATICHE

En Algérie, trois jours après les violences contre des femmes dans la ville de Hassi Messaoud, située dans le centre-est du pays, une association d'aide aux femmes victimes de violence a réagi. Le réseau Wassila demande dans un communiqué que l'Etat protège ces femmes venues travailler dans cette ville pétrolière à 800 kilomètres au sud de la capitale.

Les femmes du quartier d’el-Haïcha viennent de plusieurs régions du pays. Elles ont quitté leur famille et leur ville d'origine pour travailler. Et pour Louisa Ait Hamou, militante féministe et membre du Réseau Wassila, c'est cette situation qui explique en partie les violences survenues cette semaine : « Elles ont été la cible d’expéditions punitives. Pourquoi ? Je dirai parce qu’elles sont femmes et que ce sont des femmes travailleuses et ce sont des femmes qui n’ont pas d’homme derrière elles. Qui n’ont ni mari, ni père, ni frère. Donc c’est vraiment des catégories sociales extrêmement vulnérables dans une société comme la nôtre et qui est une société très fortement patriarcale ».

Après les violences contre des femmes du même quartier, en 2010, le réseau Wassila avait créé un observatoire pour appuyer son plaidoyer pour la modification du Code pénal. Depuis le mois de janvier, la loi est plus sévère vis-à-vis des violences. Mais pour Wahiba, militante, cela ne suffit pas : « C’est vrai qu’il y a des lois qui viennent de sortir et qui vont dans le bon sens. Mais force est de constater que ces lois ne sont pas totalement appliquées sur le terrain ».

Dans un communiqué, le réseau Wassila dénonce donc l'absence de l'état face à ces violences à répétition. « Elles ne sont pas non plus protégées par les autorités locales et par l’Etat », ajoute Louisa Ait Hamou.

D'autres faits divers semblent appuyer le discours de ces militantes. Dans la semaine, une jeune femme a été brûlée vive à Constantine par un homme qui la harcelait. Elle a succombé à ses blessures.

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