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Libye Pétrole

Libye: un troisième terminal pétrolier tombe aux mains du général Haftar

Des installations pétrolières après une attaque du groupe Etat islamique, à Ras Lanouf, le 23 janvier 2016.
© REUTERS/Stringer

Les forces des autorités basées dans l'est de la Libye ont annoncé ce lundi matin avoir pris un troisième terminal pétrolier à une milice loyale au gouvernement d'union nationale reconnu par la communauté internationale. Elles avaient déjà pris dimanche les terminaux d'al-Sedra et de Ras Lanouf, les plus importants du pays, situés dans le Croissant pétrolier à l'Est.

Cette annonce ne constitue une surprise pour personne. Cela faisait plusieurs mois que le général Khalifa Haftar préparait son plan pour reprendre les terminaux pétroliers. Ses forces étaient postées à côté des terminaux et ses généraux n'ont cessé de faire des déclarations menaçantes envers Tripoli en cas d'exportation du pétrole.

Ces terminaux pétroliers à l’Est étaient sous le contrôle d’Ibrahim Jadhran et sa milice et sa milice nommée « Gardes des terminaux pétroliers ». Ibrahim Jadhran avait combattu le groupe Etat islamique et empêché l'organisation jihadiste de mettre la main sur les champs pétroliers. Mais profitant de la situation chaotique dans le pays, il est devenu le maître des lieux. Il est l’un des rares chefs de guerre à l’Est à être fidèle au gouvernement de Tripoli.

Entre les forces de l'armée libyenne de l'Est et les membres de cette milice (GIP), il n y a pas eu vraiment de bataille, ni hier ni aujourd’hui ce qui laisse entendre qu'il y a eu une sorte d'accord entre Haftar et la tribu al-Maghariba. Ibrahim Jadhran appartient en effet à la tribu al-Maghariba, qui habite le croissant pétrolier, mais le chef de cette tribu ne l'a pas reconnu et à appeler les jeunes membres de sa milice à rendre leurs armes et ne pas combattre les forces de l'Est. Ibrahim Jadhran est accusé de corruption et de s'enrichir sur le compte du peuple libyen en touchant des millions. Sa villa à Tobrouk, ainsi que les villas de ses frères ont été investies par des membres de l'armée.

Les choses se sont détériorées quand en juillet dernier, une visite de l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Martin Kobler, à ce chef de guerre a été suivie d'un accord avec le gouvernement pour l'exportation du pétrole. Accord qui a mis en colère une grande partie les Libyens. L’opération de Hatar nommé « l’Eclair rapide » apparaît comme une réponse de la part de l’autorité de l’Est à la question de la recomposition d’un gouvernement à Tripoli. Le Conseil présidentiel (CPL) traîne alors qu'il est censé rééquilibrer la représentation en faveur des autorités de l’Est. Ces autorités demandent à avoir le siège du ministre de la Défense.

Haftar redevient l'homme fort de l'Est

Cette avancée va obliger le Conseil présidentiel de Tripoli à reconsidérer la situation. Pour l'instant, ce conseil avait appelé ses forces à se mobiliser dans le Croissant pétrolier. Le général Haftar, qui redevient l'homme fort de l'Est du pays, va pousser la communauté internationale à revoir son plan pour la Libye. Il met cette communauté internationale qu'il a délaissée pour Tripoli devant le fait accompli. La semaine dernière, Kobler évoquait pour la première fois, la possibilité de l'inclure dans une structure commune qui dirigera la future armée libyenne. Cette structure à l'étude devrait comprendre également le Premier ministre et le chef du Parlement libyen.

De plus, les spécialistes du dossier libyen reprochent aux rencontres tenues en série en Tunisie entre les Libyens, sous l'égide de l'ONU, qu'elles excluent les chefs des tribus et des miliciens en Libye. Ces forces sont les seules qui agissent sur le terrain aussi exclure ces belligérants du dialogue national ne ramènera pas la stabilité à la Libye qui sombre davantage dans le chaos, selon les experts.

En tout cas, le Premier ministre, Fayez el-Sarraj, a écourté ce dimanche sa visite à Rome et il est rentré en urgence en Libye. Il a déclaré que les champs pétroliers doivent être sous l'autorité du gouvernement d'union nationale, ce gouvernement qui n'a pas eu l'aval du Parlement pour qu'il soit à 100% légal. Le Parlement l'a récemment rejeté et l'on attend la formation d'un nouveau gouvernement, avec un ministre de la Défense qui pourrait donc être un proche de Haftar.

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