Ouganda: arrestation de manifestantes contre le projet de loi sur la limite d'âge

Arrestation de femmes à Kampala avant une manifestation contre le projet de loi sur la limite d'âge qui amenderait la Constitution, le 13 septembre 2016.
© Gaël Grilhot/RFI

En Ouganda, un projet de loi crée des tensions. Mardi 13 septembre, une trentaine de femmes ont voulu manifester contre ce projet qui concerne la suppression de la limite d'âge pour les juges et les commissaires de la Commission électorale. Ces femmes soupçonnent la volonté de supprimer la limite d'âge des candidats à l'élection présidentielle. En l'état actuel, Yoweri Museveni réélu en février ne pourra pas se représenter aux prochaines élections.

Habillées de blanc en signe de pacifisme, un groupe de femmes ougandaises s'est retrouvé devant le théâtre national qui fait face au Parlement ougandais à Kampala. Elles sont venues manifester leur mécontentement comme Farida : « Assez, ça suffit ! Il faut arrêter d'attenter à la Constitution. Laissez nous faire respecter la Constitution parce que c'est notre rôle et c'est tout. Revenez vers les gens et demandez leur ce qu'ils veulent plutôt que chacun fasse ce qu'il a envie. Les députés nous représentent. Ils ne sont pas là pour eux-mêmes. Donc s'ils veulent modifier la limite d'âge, qu'ils reviennent vers nous et qu'ils nous consultent. On n'est pas des enfants. A chaque fois qu'ils modifient la Constitution, ils pensent à notre place. »

Mais les forces de polices se sont vite déployées avant même que la marche ait commencé. Elles ont bouclé l'entrée du théâtre. Quelques minutes plus tard, c'est dans les véhicules des forces de l'ordre que 20 d'entre elles sont apparues. Kasha Nabagesera l'organisatrice est arrivée en retard et n'a pas été arrêtée. Elle est sous le choc : « Nous avons obtenu la permission de la police pour être là et pour mener une manifestation pacifique contre le viol de notre Constitution. Parce qu'on entend parler de toutes ces choses sur la modification des limites d'âge. Et c'est pourquoi nous avons ressenti le besoin de faire entendre notre voix, nos inquiétudes. Ca veut dire qu'en Ouganda on n'est pas autorisé à se rassembler même de manière pacifique ? C'est n'importe quoi ! »

La police a réfuté avoir donné son autorisation pour ce rassemblement et affirmé que ces femmes seraient poursuivies pour trouble à l'ordre public.

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