Burkina: la défense de Djibrill Bassolé saisit l'ONU pour détention arbitraire

Djibrill Bassolé, lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, le 4 octobre 2013, à Ouagadougou.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA AHMED OUOBA / AFP

L'ancien ministre des Affaires étrangères burkinabé, Djibrill Bassolé, est poursuivi pour son implication présumée dans le putsch avorté de septembre 2015. Il est en détention préventive depuis près d'un an dans l'attente d'un procès. Ces avocats dénoncent un fonctionnement anormal de la justice burkinabé dans ce dossier et ont saisi le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.

Ces experts des Nations unies enquêteront sur le contexte de la détention de Djibrill Bassolé. Fort des précédents que constituent notamment les cas de Karim Wade au Sénégal ou de Michel Thierry Atangana au Cameroun, les avocats de l'ancien ministre burkinabé espèrent obtenir de ce groupe de travail qu'il interpelle le gouvernement sur le caractère arbitraire de la détention préventive de leur client, sous les verrous depuis le 29 septembre 2015.

Car pour l'un des avocats de Djibrill Bassolé, Me Alexandre Varaut, son client est « l'exemple même du prisonnier politique » dont les ennuis ont commencé lorsqu'il s'est présenté à la présidentielle. Dénonçant l'accès impossible à la totalité du dossier, l'absence d'audition du prévenu entre décembre 2015 et début septembre 2016, ou diverses pressions, Me Varaut déplore des « conditions de travail anormales ».

Au cœur du dossier, une écoute téléphonique présentée comme une conversation entre Djibrill Bassolé et Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale ivoirienne au sujet du putsch du 16 septembre 2015. Une écoute « bidon », selon la défense qui a tenté sans succès de la sortir du dossier. Elle s'était même pourvue en cassation après avoir été déboutée en appel sur ce point précis. Mais finalement, ce jeudi, les avocats annoncent retirer leur pourvoi pour accélérer la procédure. « Si ce retrait est effectif, on va en effet gagner du temps », commente Alioune Zanré, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Ouagadougou.

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