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Gabon

Gabon: Seraphin Moundounga dit avoir été victime d’une tentative d’assassinat

Autobus calciné devant l'Assemblée nationale gabonaise à Libreville le 2 septembre 2016 : témoignage des violences qui ont suivi l'annonce des résultats de l'élection présidentielle.
© GABON 24 TV/Handout via Reuters

L'annonce de sa démission avait fait grand bruit au Gabon. Séraphin Moundounga, ancien ministre de la Justice est désormais en France. Il assure qu'il craignait pour sa sécurité s'il restait au Gabon étant donné le contexte de répression. Il explique avoir subi des pressions, dès le 31 août soit avant la publication des résultats et alors qu'il tentait encore de convaincre le présisent Ali Bongo d'accepter un recomptage des voix. Mais surtout, Séraphin Moundounga raconte que dans la nuit du 6 au 7 septembre qui a suivi sa démission des civils cagoulés se seraient rendus à son domicile d'Angondjé dans le but de l'assassiner.

Séraphin Moundounga n'était pas sur place mais assure que c'est son gardien qui lui a raconté la scène.

Séraphin Moundounga : J’ai été victime d’une tentative d’assassinat à mon domicile. Des personnes habillées en civil et cagoulées au nombre de cinq ont menotté mon gardien. Ils ont cassé le système de vidéosurveillance en emportant l’enregistreur de surveillance, en allant casser exclusivement ma chambre, sans toucher aux autres chambres.
Ils sont rentrés dans la chambre, ils n’ont pas touché aux documents. Ils n’ont rien volé, ils n’ont rien emporté, en dehors bien sûr, du petit véhicule de mon ancien aide de camp.

RFI : Vous n’étiez pas à votre domicile ?

Je n’étais pas à mon domicile. J’étais revenu dans cette journée pour essayer de récupérer quelques affaires. Et bien sûr, comme j’ai à nouveau utilisé le téléphone, ils ont cru que j’étais dans ce domicile.

RFI : Qu’est-ce qui vous permet de penser qu’il s’agit d’une tentative d’assassinat ?

Pourquoi les gens entreraient dans une chambre, armés jusqu’aux dents, casseraient la chambre d’une personnalité, sans rien voler et sortiraient simplement parce qu’on n’a pas trouvé le monsieur ? Si on m’avait trouvé qu’est-ce qui se serait passé ? Ou on m’aurait enlevé ou on m’aurait assassiné ! Et quand on est cagoulé c’est pour qu’on commette un acte sans que la personne soit capable de vous reconnaître. Ce sont des professionnels qui ont agi.

RFI : Qui soupçonnez-vous ?

Ça ne peut être que ceux qui pensent que ma démission leur poserait quelques soucis.  

Séraphin Moundounga continue de plaider pour un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote et demande à ce que les membres de la Cour constitutionnelle soient placés sous protection d'une force internationale afin de les protéger contre d'éventuelles tentatives d'intimidation.

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